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Message Publié : 04 Mars 2014, 19:01 
Eminence
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5/ Futur antérieur
"Echec et mat. La partie peut commencer"

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Enfin de retour chez soi. Ce fut avec un plaisir infini que Doloréanne retourna dans la forteresse du temps perchée sur la plus haute montagne de Guem dont la cime semblait émerger des nuages blancs telle une île flottant au milieu d'un océan. Mais cette joie ne fut rien en comparaison de ce qu'elle ressentit lorsqu'elle retrouva sa chambre simple aux murs blancs immaculés. Après tout ce temps enfermée dans la cage des âmes et cette aventure temporelle, elle n'aspirait plus qu'à une chose, dormir. Elle s'écroula sur son lit encore toute habillée et s'assoupit instantanément.

Alors que Doloréanne dormait paisiblement, bercée dans un doux rêve cotonneux, un cri vint l'arracher à son sommeil. Un cri strident, un cri de femme. Au même moment, la forteresse du temps se mit à trembler sur ses fondations. Doloréanne se leva d'un bond et accourut en direction des cris, le coeur battant la chamade. Elle traversa un couloir aux murs blancs et elle arriva en même temps que ses camarades Tempus devant la porte ouverte de la chambre de l'Apôtre du Destin. La chambre de l'Apôtre était identique à celle des autres Tempusiens, simple, sans ornementations, avec un lit, un coffre à vêtements et une fenêtre donnant sur l'extérieur. La seule chose qui distinguait légèrement la chambre de l'Apôtre était un portemanteau sur lequel étaient accrochés plusieurs chapeaux farfelus et plusieurs parapluies aux couleurs criardes. L'Apôtre vêtue de sa tenue habituelle, mais sans son éternel chapeau, était assise sur son lit comme prostrée et se tenait le visage dans les mains. L'Horloger de la Destinée entra dans la chambre, lui mit la main sur l'épaule et lui demanda :

- Samia, qu'est ce qu'il t'arrive ?
- La lumière, la lumière, elle m'aveugle !
- Hein ? Comment ça la lum... Attends.


L'Horloger se rendit à la fenêtre et ferma les volets. Puis il s'approcha à nouveau de son amie.

- Et là ça va mieux ?

L'Apôtre retira lentement ses mains de son visage.

- Oui...

Ses yeux n'étaient plus d'un blanc laiteux et semblaient avoir recouvré leur lueur et couleur originelle. L'Horloger passa sa main devant les yeux de l'Apôtre.

- Et là qu'est ce que tu vois.
- Je vois ta main. Je vois... Je vois !!!
- Impossible, dit le Geôlier.


Le Geôlier s'avança et examina l'Apôtre.

- Impossible.
- Oui, on a compris, dit l'Horloger. Mais tu n'aurais pas des choses plus constructives ?
- Impossible.
- Comment est ce possible, dit l'Apôtre. Je croyais que la malédiction de cécité était liée au Livre des Destinées.
- Impossible.
- Oh, ça va ! Dit l'Horloger. Allons voir ce fichu bouquin, on en apprendra peut-être plus.


Au moment où le Geôlier répondait, l'Horloger lui lança un regard noir.

- Impo... Affirmatif, allons voir le Livre des Destinées.

Les tempusiens traversèrent de nombreux couloirs couverts par de nombreuses horloges et autres mécanismes d'horlogerie et se rendirent dans la salle la plus fortifiée de leur domaine. Dans une salle hexagonale se trouvait un lutrin entouré d'une bulle de magie aux reflets verts noirs. La magie de la salle figeait dans une stase temporelle quiconque y pénétrait. Seuls les enfants du Temps de l'Ordre de Tempus pouvaient y pénétrer sans risques. La sphère autour du lutrin était une protection supplémentaire ajoutée suite à l'incident de l'Apôtre. Sur le lutrin était déposé le plus grand des Trésors de Guem, le Livre des Destinées, écrit de la main d'Eredan. A son approche, l'Apôtre se mit à trembler et détourna le regard. L'Horloger lui tapota l'épaule.

- Ne t'inquiètes pas. Le passé est le passé et ce qui s'est déjà passé ici n'a pas à se reproduire.

Puis l'Horloger se tourna vers son collègue Observateur.

- Observateur, si je ne m'abuse, ta fonction te permets d'observer non ? Peux tu observer ce qui se passe au niveau de ce Livre ?

L'Observateur s'avança et envoya un de ses yeux enregistreurs flottant autour lui examiner le Livre sans toutefois rentrer dans la sphère temporelle.

- La malédiction n'est plus. Nous pourrions consulter le Livre sans ce danger. Mais en a-t-on le droit ? Seul le Juge peut lever la protection temporelle autour du Livre.

Comme pour répondre à la question de l'Observateur, le sol se mit à trembler. L'Exécuteur et le Geôlier s'avancèrent alors. Ils se mirent face à face et joignirent leurs mains paumes en avant. L'énergie du temps se mit à tourbillonner autour d'eux et la silhouette intangible du Juge en grande tenue tenant son marteau apparut au-dessus d'eux. Après un instant d'immobilité comme perdu dans ses réflexions, le Juge frappa la sphère de son marteau. La sphère temporelle s'estompa tout comme le Juge qui avant de disparaître prononça :

- Permission accordée.

Les tempusiens se rapprochèrent cérémonieusement du Livre et firent un cercle autour de lui, seule l'Apôtre restait en retrait. L'Horloger s'avança et, la main légèrement tremblante sous l'émotion de toucher un ouvrage aussi sacré, ouvrit le Livre. Le Livre contenait bien l'ensemble des Destinées retranscrites par la main d'Eredan. L'Horloger tourna rapidement les pages sans les lire pour arriver vers la fin de l'ouvrage.

- Impossible.

Avant que quiconque ne réagisse, l'Horloger mit son doigt sur la page du Livre qui se trouvait sous ses yeux.

- Regardez là !
- Eh bien quoi ? Demanda Doloréanne.
- L'Histoire d'Eredan est terminée.
- Impossible !
- Regardez bon sang ! L'Histoire d'Eredan s'arrête là. Il y a des pages blanches puis à partir de là c'est une autre écriture que je n'arrive pas à lire. Et regardez ! Les dernières pages écrites par Eredan s'estompent. Quelqu'un y comprend quelque chose ?


Effectivement, la belle écriture déliée du Gardien de Guem semblait s'estomper vers la fin de l'ouvrage pour laisser la place à des pages blanches. Depuis la dernière page de l'ouvrage, une autre main s'était mise à l'œuvre avec une écriture tranchante et rugueuse. Régulièrement, de nouveaux mots apparaissaient.

Devant ce mystère, l'Annonciateur et l'Observateur entrèrent en action et joignirent à leur tour leur main et la silhouette intangible de l'Archiviste fut projetée devant eux. Après quelques instants à observer l'ouvrage, l'Archiviste annonça devant l'assemblée des Tempusiens :

Cette langue est inconnue des archives présentes passées et futures.
Cette langue est composée d'un mélange de langue néhantique, nomade et équinoxienne.
Les conclusions de nos observations sont les suivantes :
Les mouvements récents sur la Trame du Temps ont engendré des futurs alternatifs.
L'avenir est toujours en mouvement mais le flot du temps s'est inversé.
L'avenir vient modifier le passé.
Une entité omnipotente du futur influence le présent.
Cette entité inconnue modifie le présent en écrivant de nouveaux chapitres dans le Livre des Destinées qui effacent ceux d'Eredan.
L'Ordre des Gardiens du Temps ne peut tolérer une telle manipulation du Temps.


Le sol se remit à trembler. A ce moment, plusieurs yeux enregistreurs de l'Observateur entrèrent dans la salle et se mirent à tournoyer autours de lui alors qu'il maintenait avec l'Annonciateur la présence de l'Archiviste. Devant l'insistance des yeux qui semblaient vouloir signifier une urgence, le tempusien lâcha la main de son collègue et l'Archiviste disparut. L'Observateur consulta chacun des yeux tandis que ses collègues gardaient le silence pour ne pas le déranger. Puis, il se dirigea vers sa tour d'observatoire en intimant aux autres de le suivre.

La tour de l'Observateur était le bâtiment le plus élevé de la Forteresse du Temps, elle s'élevait telle une flèche d'ivoire pointée vers le ciel. Les tempusiens gravirent un très long escalier de marbre et parvinrent au sommet de la tour où se trouvait une coupole dont les toitures couleur argent reflétaient de mille feux le soleil. Ils entrèrent dans la coupole abritant un planétarium qui comportait notamment une représentation du système de Solar, Guem flottant au milieu de la pièce. Ils traversèrent le planétarium et ils gravirent un autre escalier qui les mena au point le plus haut de la Forteresse. Il s'agissait d'une terrasse en plein air d'où on pouvait y observer la course des étoiles et ainsi lire les destinées qui y sont inscrites depuis l'aube des temps. L'Observateur désigna successivement deux endroits dans le ciel.

- Regardez. A cet endroit de la voute céleste, plusieurs étoiles ont disparu avant leur heure. Et à cet endroit des étoiles sont apparues et elles ne figurent nulle part dans nos archives.

Le sol se remit à trembler violemment projetant tout le monde au sol. En se relevant, les tempusiens virent des fissures sur le sol de la terrasse. Mais ces fissurent semblaient ne pas s'arrêter à la terrasse et continuaient dans le ciel comme si ce dernier n'allait pas tardé à se séparer en deux. Dans le planétarium, le planisphère de Guem était parcouru d'immenses lignes de fracture vertes d'où l'énergie du temps semblait vouloir s'échapper.

L'Horloger se releva et regarda avec effroi la fissure.

- Bon sang ! La réalité est en train de s'étioler ! Et en étant sur l'Axe du Temps on est au beau milieu de tout ça. Si cela continue la Trame du Temps va partir en lambeaux et nous avec. Il nous agir et vite !

L'Ordre de Tempus se mit alors en action dans un beau mouvement d'ensemble de mécanique bien huilée. L'Eternel fut convoqué et avec son aide, Doloréanne et l'Horloger recalibrèrent les horloges du temps et lancèrent le Temporalis.

L'Apôtre du Destin, de son côté se concentra longuement sur la tâche que lui avait confiée l'Eternel. Lorsqu'il était apparu, l'enfant de la Trame du Temps était allé la voir et lui avait ouvert les yeux sur elle et son propre destin. Elle avait ouvert le Livre des Destinées pour lire son Destin et elle avait perdu la vue, devenant l'Apôtre du Destin capable de lire les destinées de tous, la sienne exceptée. Mais sa propre destinée, elle l'avait lu dans le Livre. La malédiction lui avait fait oublier, tout ce qui lui fallait faire, c'était de se rappeler. Elle était prête. Elle se tenait devant le Livre des Destinées. Elle ne tremblait plus. Elle prit dans ses mains une plume qu'elle trempa dans une encre dans laquelle l'Eternel et les autres tempusiens avaient infusé une énorme quantité de magie temporelle. Elle prit une profonde inspiration, elle écrivit derrière les mots d'Eredan : « Et c'est alors que les peuples de Guem prirent leur destinées en main ».

Les tremblements cessèrent et les fissures temporelles s'estompèrent. Les pages écrites par Eredan avaient cessé de s'estomper et celles écrites par la main inconnue avait cessé de progresser. L'Apôtre et l'Eternel étaient assis en tailleur devant le Livre des Destinées et maintenaient les énergies temporelles. Les autres tempusiens reprirent leur souffle et analysèrent la situation. Ils se rendirent dans le planétarium et ils observèrent avec minutie la représentation de Guem qui avait repris son aspect habituel. L'Horloger examina un grand nombre de cadrans et partagea ses conclusions avec Doloréanne.

- La situation devrait être stable pour un moment, mais deux réalités temporelles vont entrer en collision avec nous au milieu.
- Que pouvons nous faire ?
- Nous ? Pas grand chose. Nous allons être trop occupé à maintenir la Trame et l'Axe du Temps pour éviter que le monde ne soit écrasé sous les strates du temps.
- C'est fichu alors ?
- Non. Un tel cas de figure a été envisagé nous avons préparé des héros pour contrer ce type éventualité. Les forces influençant la destinée vont entrer en jeu. Les uns et les autres vont commencer à bouger leurs pièces. Tout est encore possible.


Soudain un petit point lumineux vert apparut sur le planisphère. L'Horloger se rapprocha.

Une Porte du Temps vient d'être ouverte. Ca a commencé...

Puis d'autres points lumineux apparurent.

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Mercenaire depuis les débuts de la bêta.
Même pas mal. ^^
GT Niveau 65. Gouverneur.
Itcg Niveau 54 La Princesse des Mercenaires
Championne du Consortium 2013
Merci à Cian pour mon nouvel avatar ^^


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Message Publié : 05 Mars 2014, 14:57 
Guémélite
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Inscription : 04 Février 2013, 16:37
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Hello Ilfana!!

I’m a Brazilian player and I like the Eredan because his story. I was worried when Dimizar left Feerik’s Team, but now, I’m delighted because you are doing a awesome work. I hope that never lack inspiration for you and continue telling us pretty stories.

Best wishes.

_________________
Lançamentos 2012 - 2013
Índice de traduções
Deck – Kaes maléfico


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Message Publié : 14 Mars 2014, 22:30 
Eminence
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Inscription : 01 Février 2013, 19:04
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6/ Le Messager

« Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. »

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Beltania, la fille du Printemps s'était éveillée en avance cette année et la Nature comme enchantée par les charmes de la belle commençait déjà à montrer ses splendeurs. En cette belle journée ensoleillée, les jardins du château de Kaes étaient particulièrement en beauté, les fleurs aux couleurs éclatantes encore parcourues de la fraîche rosée du matin étaient un enchantement pour les yeux. Sur de grands arbres, des ormes, des chênes et autres saules nichaient paisiblement des oiseaux qui chantaient gaiement au milieu d'écureuils affairés. Des blanches fontaines en marbre jaillissaient des jeux d'eau dont les milliers de gouttes d'eau scintillaient telle des perles d'argent. Le bureau du Conseiller Doyen Verace donnait sur ces jardins et lui offrait une vue splendide. Il aurait eu à cœur de contempler cette beauté et de laisser vagabonder son esprit en cette douce journée si les nouvelles qu'il venait de recevoir ne portaient en elles de si lourds nuages noirs.

Dans un confortable salon du château de Kaes mitoyen du bureau de Verace et dont une large fenêtre balcon donnait également sur les jardins, se trouvaient installés autours du Conseiller Doyen vêtu de sa traditionnelle tenue pourpre plusieurs Conseillers, agents du Conseil des Guildes et ambassadeurs. Ils étaient assis dans des fauteuils moelleux placés en cercle autour d'une table basse où étaient empilés plusieurs dossiers. Le Conseiller Doyen, assisté par les Conseillers Marlok et Abyssien avait organisé cette réunion informelle afin que les différentes personnes assises autours de lui puissent lui rapporter des nouvelles du Monde. Tour à tour, les interlocuteurs de Vérace prirent la parole et firent un rapport sur la situation de leur contrée.

Myrie d'Avalonie revêtant la tenue traditionnelle avalonienne et des parures aux armes et couleurs de l'Avalonie fit part de rapports inquiétant sur son royaume. Alors que le Roi avait disparu pour accomplir une quête dans la Tour Sombre, lieu de sinistre mémoire, des tribus barbares s'agitaient et des assassinats se multipliaient. Pour faire face à l'agitation aux frontières, la reine Aelide avait fait appel au royaume voisin d'Yses et une campagne commune était en préparation. Sous les ordres du Roi Tonnerre qui avait repris les rênes de son royaume, Sevylath, protecteur d'Yses avait d'ores et déjà rejoint l'Avalonie avec un régiment de leurs meilleurs soldats.

Si l'évocation d'une nouvelle guerre assombrit les mines, l'évocation des assassinats attira particulièrement l'attention car ils ne ressemblaient que trop à ce qui s'était passé à Yses avec la mort du roi Gaumatta. Marlok et Abyssien prirent des notes et Vérace donna la parole à l'ambassadeur Galmara.

Le seigneur Galmara qui revenait d'une tournée dans l'Empire Xia rapportait également de sombres nouvelles contrairement aux vêtements flamboyant qu'il portait ce jour là. Alors que l'Empire se remettait difficilement de l'invasion de morts vivants et de la destruction de Meragi, des seigneurs de la guerre étaient apparus et semaient le chaos. Dans les marches du nord de l'Empire, le Lion Rouge du Nord, le général Lu Xo Wan avait fait sécession et s'était emparé de plusieurs villes avant de se déclarer Roi du Nord. De nombreuses personnalités de l'Empire avaient été assassinées et un lourd climat d'insurrection pesait sur l'Empire. Les kamis étaient particulièrement agités, d'autant plus que de nombreux prêtres faisaient parti des victimes.

A la fin du récit de Galmara, Vérace se tourna vers une jeune femme rousse en grande tenue, très fière d'être de retour dans les arcanes du pouvoir et qui ne ménageait pas ses efforts en acceptant toutes les missions possibles pour consolider sa position.

La dernière mission d'Angélique l'avait emmené dans le désert d'Emeraude et les nouvelles qu'elle rapportait étaient pour le moins étranges. En dehors du fait qu'elle avait échappé à un attentat perpétré par Hasna qui avait essayé de lui faire prendre du poids avant une réception en lui offrant moultes cornes de gazelles et douceurs de Iölmareck, Angélique rapportait que pour la première fois dans l'Histoire des Nomades du Désert, il avait neigé dans la ville de Mineptra. Une caravane aurait rapporté avoir vu un immense pilier de givre recouvrir un temple de Ptol'a situé sur la route d'Aksenoun. Les prêtres étaient inquiets car les dieux semblaient sourds à leur suppliques.

Les regards se portèrent alors sur un homme à la peau bleu portant les couleurs de la Coeur de Sève. Il s'agissait d'Azgur, un elfe de glace, ancien guerrier divin du glacier d'Améthyste qui avait rejoint la Coeur de Sève en même temps que Yulwen. En effet, lorsqu'il ne passait pas son temps à courir avec les grands cerfs blancs, il aimait voyager et visiter les cités des hommes et au cours de ses pérégrinations il avait rencontré une compatriote, Laelyse des Lieurs de Pierre, qui l'avait mis en relation avec le Conseil des Guildes et depuis il faisait office d'ambassadeur de la Cœur de Sève.

D'après Azgur qui rapportait les paroles des Dais, les esprits de la nature étaient inquiets, il avait lui même sentit que les animaux étaient nerveux. Cependant quelque chose semblait réduire les esprits de la nature au silence et ils refusaient de dire ce qu'il se passait. La Coeur de Sève recherchait activement à en apprendre davantage mais ne trouvait davantage de questions que de réponses. L'ambassadeur transmit ensuite un message de Laelyse qui informait le Conseil que l'ensemble de la Guilde des Lieurs de Pierre s'était rassemblé suite à un vol massif de pierre coeur qui étaient stockées dans le coffre le plus sûr de la Guilde et réputé comme inviolable. Ce fait était sans précédent dans l'histoire des Lieurs de Pierre.

Puis vint le tour du Marquis qui fit un long réquisitoire à l'encontre de l'augmentation des droits de douanes concernant les produits des Iles Blanches en direction de Tantad qui était une véritable déclaration de guerre commerciale. D'autant que cette guerre commerciale risquait de s'envenimer du fait que la Légion Runique était sur le pied de guerre et avait considérablement renforcé ses effectifs. Il en profita pour glisser que climat ne faisait que profiter aux contrebandiers et qu'à cause de cela, les règlements de comptes entre factions rivales étaient en forte croissance et que les rues des Iles Blanches étaient poisseuses de sang à cause de l'intransigeance de Tantad.

Le sénateur Raphailios balaya d'un revers de la main les arguments du Marquis arguant du fait que cette hausse des droits de douanes était conforme aux accords bilatéraux et qu'elle n'avait que pour but que de compenser les pertes engendrées par le marché noir entretenu par des contrebandiers qui travaillaient en sous main pour le Gouvernement des Iles Blanches. Ils expliqua ensuite que la mobilisation de la Légion Runique n'avait rien à voir avec ces événements mais était due à de mauvais présages et de l'apparition d'une étoile rouge proche de la constellation de l'Epée. Les prêtres et Oracles n'arrivaient pas à en savoir davantage car les dieux ne semblaient pas leur répondre, d'autant plus que de nombreux temples avaient été profané et les reliques d'anciens guerriers volées. En disant ces derniers mots, le sénateur jeta un regard en coin en direction du Marquis.

Avant que le Marquis ne prenne la mouche et se lance dans une plaidoirie drapé dans sa dignité, le Conseiller Doyen remercia le sénateur ainsi que les autres intervenants et clôtura la séance. Alors que le Marquis et le sénateur Raphailios se disputaient en s'éloignant dans le couloir, il ne restait plus dans la salle que le Conseiller Doyen Vérace et les Conseillers Marlok et Abyssien. Après avoir parcouru une dernière fois les dossiers, Vérace se cala davantage dans son fauteuil et rejeta sa tête en arrière et après avoir émis un soupir de lassitude fit le point les yeux fixés au plafond :

- Des troubles, des guerres et surtout... Ces assassinats. En recoupant les rapports et les quelques descriptions que l'on a, ils portent assurément la marque des Traquemages...
- Vous avez raison, répondit Abyssien, j'ai senti l'odeur méphitique de cette organisation dès que j'ai entendu les premiers rapports sur ces assassinats.
- Je crains qu'il ne faille mettre un terme définitif aux agissements de cette organisation, dit Marlok.
- Je le crains en effet, répondit Vérace. Quelle déception. Moi qui avait toute confiance en Chantelain. Le pouvoir l'aura corrompu...


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Alors que les trois hommes discutaient sur ces épineux problèmes, Marlock se figea un instant et sortit un cristal de sa poche qui émettait une lumière rouge clignotante.

- Messieurs une alarme magique vient de se déclencher. Cela vient des archives.
- Allons-y, dit Vérace. Il y a des choses aux archives qui ne doivent pas tomber en de mauvaises mains.


En chemin, ils rattrapèrent Nidah le capitaine des gardes du Palais ainsi que toute son escouade en route pour la salle des archives.

- Un intrus. Dans la salle 51 des Archives dit Nidah.
- Dépêchons nous, répondit Abyssien, j'ai un mauvais pressentiment.


Au pas de course ils arrivèrent à proximité de la salle 51 des archives. Un unique couloir habituellement rempli de gardes y menait.

- Ce doit être un sacré cambrioleur pour être parvenu si loin sans se faire détecter, dit Marlok.
- C'est un sacré meurtrier vous voulez dire, répondit Vérace.


En effet, devant la lourde porte close de la salle 51, gisaient huit cadavres de gardes en armure. Chacun d'entre eux avait une aiguille plantée exactement entre les deux yeux qui avait perforé comme du beurre casques en métal et boites crâniennes.

Abyssien s'arrêta devant la porte close et l'examina attentivement.

- De la magie des ombres a été déployée ici. Elle occulte mes perceptions magiques. Je ne sais pas si les sortilèges de défense ont été rompu ou non.

Marlok s'approcha à son tour, examina la porte avec son monocle et après quelques instants de réflexion dit à son tour :

- De deux choses l'une. Ou bien le meurtrier n'a pas pu ouvrir la porte et a du faire demi tour et dans ce cas là on aurait du lui tomber dessus car il n'y a qu'un seul accès à cette salle. Ou bien il est entré et le système de sécurité s'est enclenché le coinçant à l'intérieur.
- Bien, répondit Vérace. Capitaine, messieurs, j'en prends la responsabilité, nous allons entrer et nous allons capturer le meurtrier si il toujours là dedans. Je le veux vivant.


Marlok et Abyssien sortirent chacun une clé qu'ils firent tourner dans une serrure de la porte. Puis Vérace donna un léger coup de son bâton de cérémonie sur la porte et cette dernière se déverrouilla. Les mages se placèrent ensuite derrière le Capitaine et ses vingt gardes. Après avoir compté jusqu'à trois le groupe entra énergiquement dans la salle. Les gardes se déployèrent en éventail afin de contrôler la sortie tandis les mages étaient sur le qui vive prêts à faire déferler des vagues de sortilèges sur toute menace.

La salle 51 était une grande salle où étaient entreposés sur des gros bloc de marbre rectangulaires couverts par des vitrines du même format des dossiers secrets ainsi que différents objets ramenés par les agents du Conseil des Guildes. Il n'y avait aucune trace d'intrusion. Toutes les vitrines semblaient intactes. Soudain, il bruit strident vint vriller les oreilles des Conseillers et des gardes et les vitrines volèrent en éclats. Puis il y eu du mouvement du côté des gardes et les trois conseillers virent un des gardes faire un bond prodigieux pour venir atterrir sur un bloc de marbre sur lequel était déposée une vielle épée biscornue datant de la guerre contre Nehant qui n'avait pourtant révélé aucun pouvoir particulier. Avant que quiconque ne réagisse, le garde attrapa l'épée qui sembla être aspirée par sa main.

- Mission accomplie, dit le garde d'une voie monocorde.

Marlok regarda avec étonnement le garde.

- Comment est ce possible, j'ai pourtant bien pris garde d'examiner tout le monde avec mon monocle et je n'ai rien vu sur lui !

Comme pour lui répondre le garde eut un léger sourire, puis le sourire grandit jusqu'à fendre tout son visage, puis le visage et le corps du garde se mit à se fendiller de toutes parts pour enfin tomber en morceaux révélant une silhouette noire encagoulée. Abyssien et Marlok n'avaient jamais vu de Traquemage de ce type. Sa tenue était d'un noir obsidienne et sa visière n'était qu'une fente en forme de V d'où émanait une lueur rougeoyante. Il portait différentes armes à ses ceintures, toutes semblant plus mortelles les unes que les autres.

- Objectif principal atteint. Objectif secondaire : élimination des cibles Vérace, Abyssien, Marlok engagé.
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Ne laissant pas au Traquemage l'initiative, Marlok lança deux boules de feux sur cet adversaire. Le Traquemage dévia ces attaques d'un revers du poing sur lequel une rune scintilla et les boules de flammes allèrent percuter un mur. Dans un même mouvement, le Traquemage bondit vers le sol et lança plusieurs dagues en direction des mages. Les gardes et leur capitaine, très expérimentés, resserrèrent les rangs et formèrent un véritable mur de boucliers sur lequel les projectiles vinrent rebondir. Suivant le Traquemage du regard, Marlok se prépara à lui lancer une nouvelle salve de sortilèges lorsque Abyssien le repoussa violemment sur le coté. Du coin de l'oeil, Marlok vit un éclair d'acier se planter dans le bras d'Abyssien. Trop concentré sur le Traquemage qui avait bondi vers le bas, Marlock n'avait pas vu qu'au moment où le Traquemage avait dévié ses boules de feu il avait lâché une dague qui était restée en suspension dans l'air avant qu'une rune de son manche ne s'active et ne la projette en direction de sa gorge. Sans l'intervention d'Abyssien c'en était fini de lui.

Serrant les dents sous la douleur, un genou à terre, à l'abri des boucliers des gardes, Abyssien se prépara à retirer la dague de son bras, tandis que Marlok et Vérace bombardaient de sortilèges le Traquemage qui s'était réfugié derrière un bloc de marbre. Mais avant qu'il ne fasse quoi que ce soit, Abyssien vit avec effroi plusieurs runes s'allumer sur le manche de la dague.

Vérace et Marlok furent jetés à terre par le souffle d'une explosion. Se relevant péniblement, ils virent qu'Abyssien avait contenu l'explosion en déployant un bouclier et une armure d'ombre. Mais il était dans un sale état avec un bras droit quasiment arraché, ne tenant plus que par quelques tendons et morceaux de chair. Vérace et Marlok reprirent vite leurs esprits car le danger se rapprochait. La formation des gardes avait été brisée et le Traquemage les affrontait dans un corps à corps sanglant, plongeant avec une précision diabolique son épée courte couverte de runes dans les failles des armures des gardes. Alors que Nidah et ses hommes luttaient vaillamment, les deux mages préparèrent une nouvelle offensive magique pour reprendre l'ascendant dans ce combat à mort. Abyssien de son coté maintenait son bras avec des tentacules d'ombre et avait commencé à se transformer en combattant de l'Ombre.

Vérace et Marlok concentrèrent une énorme quantité d'énergie magique équilibrant dans leurs main cette puissance avec une parfaite maîtrise. Mais alors que leur magie était à son apogée ils virent avec horreur une petite pierre atterrir à leurs pieds, pile entre eux deux. Il s'agissait d'un cristal d'amplification magique. Vérace vit l'énergie magique de sa main gauche considérablement augmenter tandis que Marlok voyait celle de sa main droite augmenter pareillement. Incapables de rétablir l'équilibre, les mages furent submergés par leur propre magie qui les projeta au plafond dans un maelström d'éclairs crépitant et de flammes tourbillonnantes qui frappa de plein fouet Abyssien qui alla s'encastrer dans un mur. Puis l'énergie magique se dissipa et le deux mages retombèrent au sol, face contre terre. Vérace à moitié conscient, le corps encore fumant et tétanisé par la douleur vit comme dans un mauvais rêve les gardes tomber un après l'autre au ralenti, puis il vit le capitaine Nidah à genoux tourné vers lui, sa propre épée plantée en pleine poitrine.

- Pardonnez moi Conseiller Doyen, j'ai échoué...

Le Traquemage d'un revers de son épée courte trancha la tête du Capitaine qui alla rouler au sol. Le Traquemage plein de morgue s'avança vers les mages au sol faisant résonner dans la salle sa voix monocorde.

- Excuses acceptées capitaine Nidah... Maintenant messieurs, il est temps de mourir.

Mais avant que le Traquemage ne s'élance pour achever ses proies, des épées de foudres l'entourèrent, formant une ronde mortelle prête à s'abattre sur lui. Dans l'encadrement de la porte était apparu le Marquis accompagné du commandeur Zahal, du Maître mage Pilkim et de nombreux gardes. Derrière cette troupe se trouvait un Golem de grande taille, le Gardien du Conseil. Le Marquis avait été appelé en renfort par la garde du palais et avait activé le Gardien du Conseil, tandis que Zahal et Pilkim avaient été envoyé par Aryéna qui avait senti que l'homme qu'elle aimait était en grand danger.

Le Traquemage loin d'être perturbé par l'arrivée de renforts lança une bille noire en l'air qui absorba la foudre, puis il sauta en l'air et donna un coup de pied retourné qui envoya la bille vers le Marquis. Zahal s'interposa et avec large swing de son épée repoussa le projectile qui se alla perdre au fond de la salle en libérant les éclairs. Alors que Vérace et ses compagnons étaient évacués vers l'arrière par des gardes il avertit les nouveaux arrivants :

- Prenez garde, il anticipe tous nos mouvements.

Zahal s'élança alors à l'encontre du Traquemage accompagné des gardes et du Gardien du Conseil. Le Golem donnait de larges coups qui lorsqu'ils percutaient le sol faisaient exploser les dalles de granit. Zahal quand à lui utilisait tout son talent de combattant et de meneur d'hommes pour repousser vers le fond de la salle le Traquemage. Mais ce dernier se déplaçait avec une rapidité et une agilité inouie et aucun coup ne semblait pouvoir l'atteindre. Il semblait danser au milieu de Zahal et de ses hommes dans une valse sanglante où à chaque pas de deux un homme recevait une blessure. Malgré les blessures subies la tactique de Zahal porta ses fruits et les efforts combinés du commandeur, de la garde et du Gardien du Conseil permirent de repousser le Traquemage dans un coin de la salle.

C'était le moment qu'attendait le maître mage Pilkim. Ayant bien analysé la situation et ayant en tête l'avertissement de Vérace ainsi que l'échec du sort du Marquis, il se prépara à lancer un sort qu'il venait de mettre au point il y a quelques jours, un sort multi élémentaire inédit que le Traquemage ne pourrait pas contrer. Pilkim assembla une boule de magie multicolore de la taille d'une tête d'Hom'chais et la renforça avec la pierre coeur du Mange Pierre des Confins. Puis après avoir crié à Zahal et ses hommes de s'écarter il lança sa boule d'énergie vers le Traquemage. La boule d'énergie était également remplie magie du temps et Pilkim la vit fondre sur leur adversaire à grande vitesse tandis que les autres acteurs semblaient se déplacer au ralenti. Mais au moment où la sphère arrivait au niveau du Traquemage, ce dernier tendit son bras, paume ouverte en avant et plusieurs cercles de runes s'activèrent successivement devant lui. La sphère rebondit sur les cercles de runes et fut renvoyée sur Pilkim qui n'eut le temps que de se protéger en mettant ses bras devant lui lorsqu'elle explosa, libérant ses énergies dévastatrices. Pilkim gravement touché tomba à genoux tandis que le Marquis également touché s'effondrait au sol.

Avec la perte du soutient des mages la situation de Zahal commençait à devenir critique, aucune de ses tactiques, aucune feinte, aucune de ses bottes les plus secrètes ne semblait pouvoir atteindre son adversaire. Les gardes tombaient les uns après les autres et le Gardien du Conseil après que le Traquemage lui ait planté une aiguille noire dans le corps avait cessé de fonctionné. Le commandeur Zahal se retrouva bientôt le seul debout et sentit que son destin allait être scellé et qu'il ne pourrait pas vaincre cet adversaire. Mais loin de perdre espoir, il affermit sa prise sur Dreist et redoubla ses assauts refusant obstinément de tomber. Malheureusement, sa passe d'arme ne rencontra que le vide et le Traquemage le repoussa violemment contre un mur. Mais alors que le Traquemage s'élançait pour porter le coup de grâce, Zahal vit du coin de l'oeil une forme floue bondir sur le Traquemage. Il vit un éclair d'acier toucher la gorge du Traquemage. Le temps était comme arrêté et Zahal vit la silhouette d'un homme portant un masque sous une capuche le bras tendu tenant une dague en cristal portant un coup à la gorge de son ennemi. Puis le temps sembla reprendre son cour. La silhouette avait disparu et le Traquemage se tenait la gorge d'où ruisselait un sang noir. Profitant de l'occasion, Zahal poussa un cri de guerre, fonça sur le Traquemage et abattit son épée qui s'enfonça dans l'épaule du Traquemage jusqu'aux côtes. Mais ce coup qui aurait tué n'importe qui d'autre ne fut pas suffisant et le Traquemage repoussa Zahal d'un coup de pied. Le Traquemage lâcha au sol une sphère en verre qui libéra une épaisse fumée qui occulta entièrement la salle et le couloir. Lorsque la fumée se dispersa, Zahal vit que le Traquemage s'était enfuit. Au sol les blessés gémissaient. Les morts étaient silencieux. Le combat était terminé.

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Quelque heures plus tard, le Conseiller Doyen Vérace recouvert de bandages et assis derrière son bureau recevait en urgence un Conseil des Guildes restreint. L'unique ordre du jour était l'élimination de l'organisation des Traquemages. Vérace avait estimé que le Traquemage qu'ils avaient affronté était d'un tout autre niveau par rapport aux Maîtres et élèves Traquemages dont il était fait mention dans les rapports de Chantelain et des Zils. Quitte à devoir prendre ses responsabilités suite à la révélation de l'existence de cette organisation, il estimait qu'il fallait mettre un terme définitif à son existence avant qu'elle ne devienne une menace trop importante. Pour se faire il avait demandé à ce que soit réunie une force écrasante qui obligerait les Traquemages à se rendre ou de limiter les pertes en cas d'affrontement. Zahal, Marlok et Pilkim grâce aux soins des prêtres ayant accompagné le sénateur Raphailios s'étaient remis de leurs blessures et participeraient aux combats. Les blessures du Marquis étaient plus graves et demanderaient davantage de temps pour être guéries. Abyssien quand à lui avait subi de graves blessures et ayant perdu beaucoup de sang était entre le vie et la mort.

Rapidement, grâce à l'intervention des Lieurs de Pierre qui sous les sollicitations pressantes du Conseiller Doyen avaient accepté de mettre leur enquête en suspend et d'aider le Conseil, une énorme force d'intervention fut réunie au Château de Kaes. La Guilde des combattants de Zil furieuse de ce qui était arrivé à Abyssien était venu pratiquement dans son intégralité et était avide de venger son ancien leader. L'ordre des sorcelames était venu en nombre et les chevaliers dragons étaient venu au grand complet. La légion runique avait de son côté envoyé toute une phalange qui constituerait le gros des troupes. Les autres guildes avaient également envoyé des éléments mais dans un nombre beaucoup moins imposant. Ainsi ce fut une véritable petite armée qui descendit dans les entrailles du Château de Kaes qui abritait le repaire de l'Organisation secrète.

Suivant les indications de Marlok, la petite armée arriva sans encombres au repaire des Traquemages. Mais le nid semblait vide. Les couloirs étaient déserts et les cellules des membres de l'organisation ainsi que les salles d’entraînement, armurerie et pièces de vie étaient vides. Farouche ivre de frustration donna alors un grand coup dans un mur qui se mit à résonner. Comprenant qu'il y avait quelque chose derrière ce mur, elle ordonna à Brutus de le défoncer sans écouter les conseils de prudence de Marlok. Lancé comme un boulet de canon, Brutus fit voler en éclat un pan entier du mur qui révéla une vaste salle aux immenses colonnes éclairée par des runes émettant de la lumière blanche depuis le plafond. Au fond de la salle les yeux perçants de Farouche distinguèrent dissimulée dans l'ombre une silhouette appuyée contre le mur les bras croisés, semblant attendre. Les Zils avaient trouvé leur proie et ils se lancèrent rageusement à l'assaut.

Les zils déboulèrent dans la salle prêt à en découdre suivis de près par le reste de l'armée. Mais lorsqu'ils arrivèrent vers le milieu de la salle, les lumières s'éteignirent et les ténèbres recouvrirent tout le monde. Les mages invoquèrent alors des lumières magiques et ils virent face à eux que la silhouette s'était avancée. Ils pouvaient à présent distinguer une créature portant une armure sombre et un casque cornu ne laissant apparaître qu'une lueur rouge inquiétante au niveau de ses yeux. Dans son dos étaient attachées trois épées. Puis des quatre coins de la salle ils virent des dizaines de lueurs rouges en forme de V et de formes noires sortir des colonnes. La créature en armure s'avança un peu plus dans la lumière et se présenta :

- Je suis Vordak le Messager des Ténèbres et nouveau maître des Traquemages. Vous m'épargnez beaucoup de peine à vous traquer un par un aux quatre coins du Monde. Ici et maintenant, mes 88 Néo Traquemages vont vous terminer.


Pour la première fois de sa vie, Pilkim sentit la peur l'étreindre.

Dehors, les oiseaux insouciant des drames qui allaient se produire chantaient joyeusement l'arrivée du printemps.
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Mercenaire depuis les débuts de la bêta.
Même pas mal. ^^
GT Niveau 65. Gouverneur.
Itcg Niveau 54 La Princesse des Mercenaires
Championne du Consortium 2013
Merci à Cian pour mon nouvel avatar ^^


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Message Publié : 15 Mars 2014, 16:09 
Eminence

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Super l'histoire , un Néhantiste aux commandes des traquemages c'est juste épic reste plus qu'un Chantelain corrompu :o .


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Message Publié : 26 Mars 2014, 18:26 
Eminence
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7/ Exodus
« Il n'y a pas de destin, mais ce que nous faisons »
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Cela faisait plusieurs semaines que le Roi Aez avait quitté le Château d'Avalon et sa Reine pour se rendre à la Tour Sombre pour y accomplir une quête qui changerait peut être le destin du monde. Il avait confié la direction du royaume d'Avalonie à sa Reine Aelide qui devait faire face à d'importants problèmes. Le chevalier Ysild revenait d'une tournée d'inspection et rapportait d'inquiétantes nouvelles. Dans tout le royaume, des seigneurs, des bourgmestres et des personnalités se faisaient assassiner par des ombres insaisissables. Aux frontières du royaume, de nombreuses tribus barbares s'agitaient et menaient des razzias contre des villages avaloniens. Ce fléau menaçait également l'ensemble des 7 royaumes et l'inquiétude grandissait. L'absence du roi se faisait cruellement sentir en cette sombre période, mais la Reine Aelide savait que son Roi devait sans doute affronter des périls bien plus grands et elle priait pour qu'il lui revienne sain et sauf. Dans l'espoir que son Roi puisse partager avec elle la bonne nouvelle qui grandissait en son sein la Reine prit les décisions pour protéger l'Avalonie. La Reine envoya des messagers dans chacun des 7 royaumes afin de réunir une force suffisante pour affronter le menace barbare et demanda à Myrie d'Avalonie de quérir l'aide au Conseil des Guildes pour résoudre ces affaires d'assassinats.

L'ensemble des 7 royaumes répondit à l'appel de la Reine Aelide. Le royaume d'Yses dirigé par le Roi Tonnerre avait envoyé 108 chevaliers sous le commandement de Sévilath, protecteur d'Yses, paladin de Mera. Le Roi Baranthe avait envoyé deux de ses fils Baranthiun et Baranthion à la tête de 202 chevaliers. La Reine guerrière Icenia Buddug de Lokta'ch était venue en personne avec 51 chevaliers. Grand Duc le protecteur de Dhun était venu avec 40 chevaliers. Lithil dame protectrice de Valdoria était venu avec 89 chevaliers. Sid de Hautvents protecteur des Hautes Terres de l'Ouest était venu avec 77 chevaliers. Johan protecteur d'Avalonie quand à lui prendrait le commandement de 122 chevaliers du royaume.

C'était une armée de plus de 500 chevaliers en titre et de 5000 hommes du rang qui était sur le pied de guerre. Les étendards colorés flottaient au vent et les hommes fourbissaient leur armes et lustraient leurs armures pour qu'elles brillent de mille feux. Parmi ces valeureux chevaliers, certains affutaient également leur esprit et renforçaient leur coeur et leur âme. C'est ainsi que le protecteur Sévilath d'Yses alla prier dans la chapelle royale. Cette chapelle était dédiée à Nélianne déesse tutélaire de l'Avalonie soeur de Méra la guérisseuse. Nélianne était la déesse de la victoire et c'est tout naturellement que Sévilath s'agenouilla devant sa statue pour qu'elle les accompagne dans leur périple. Alors que Sévilath priait pour la réussite de l'expédition, la statue de la déesse fut nimbée de lumière et la déesse Nélianne apparut devant lui. La déesse était en tenue guerrière portant sa verte armure divine et gardant ses cheveux noir de jais attachées en une natte unique. Ses yeux d'un vert émeraude profond se fixèrent sur le paladin agenouillé et elle lui annonça :

« Protecteur Sévilath, le monde est en grand péril et risque fort de sombrer dans l'abîme. Un mal absolu va apparaître et menace tout ce qui est bon et vert en ce monde. Protecteur Sévilath, tu as franchi les brumes du temps pour sauver le royaume d'Yses du chaos, aujourd'hui il te faudra mener les chevaliers des 7 royaumes dans un nouvel Exode temporel afin de protéger le monde de la perdition. Si tu acceptes cette mission sacrée, tu combattras avec ceux qui t'accompagneront avec ma bénédiction et tu devras te rendre dans la plaine d'Ysandres où tu rencontreras celui qui te mèneras vers ta destinée. Mais avant de faire ton choix, saches que cette destinée sera un long et sombre exil jonché de milles larmes et que l'espoir de succès et de retour est plus fragile que la lueur d'une chandelle en pleine tempête ».

Puis la lumière divine s'estompa et Sévilath se retrouva à nouveau seul devant la statue de la déesse. Suite à cette apparition, Sévilath se rendit dans la salle du trône où les protecteurs discutaient âprement pour déterminer qui commanderait l'expédition. Traversant l'assemblée des chevaliers, Sévilath s'avança jusqu'au pied du trône devant lequel il s'agenouilla puis il annonça les paroles de la déesse Nélianne. Après avoir provoqué une stupeur, les chevaliers s'agitèrent et les discussions repartirent de plus belle, les uns voulant mener la campagne contre les barbares, les autres voulant accompagner Sévilath dans cette quête divine. Finalement les représentants des 7 royaumes se mirent d'accord, l'armée serait divisée en deux forces, une irait combattre les barbares sous le commandement de Baranthiun et l'autre accompagnerait Sévilath dans sa quête. C'est ainsi que Sévilath accompagné de Johan protecteur d'Avalonie, de Grand Duc protecteur de Dhun et deux mille chevaliers se mirent en route pour la plaine d'Ysandres.

Après plusieurs jours de chevauchée, ils arrivèrent dans la plaine verdoyante d'Ysandres. Cette vaste plaine était entourées de grandes forêts s'avançant jusqu'aux pieds des montagnes et elle comportait de nombreux villages qui cultivaient blés et orges qui iraient remplir les greniers et silos des 7 royaumes. Au centre de la plaine se trouvait une tour de garde et un fortin dans lequel les villageois pouvaient se réfugier en cas d'alerte. Sévilath et ses compagnons chevauchèrent en direction de la tour en empruntant une route pavée. Les travailleurs dans les champs furent impressionnés par une telle équipée et cessèrent un moment leur labeur pour admirer la fine fleur de la chevalerie des 7 royaumes. Mais en se rapprochant de la tour, les cavaliers aperçurent un phénomène étrange, les gens autours d'eux semblaient être comme ralentis et se figeaient au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la tour. Cela inquiéta les hommes, mais Sévilath ne laissa rien transparaitre et mena les cavaliers jusqu'à la tour où tout le monde semblait être figé dans le temps. Arrivés à la tour, ils virent s'avancer un vieil homme à la longue barbe blanche, la seule personne hormis les cavaliers à ne pas être figé. Le dos vouté par le poids des ans, le vieil hommes qui portait un manteau violet était appuyé sur un long bâton cuivré surmonté d'un espèce de cadran solaire. Sévilath mit pieds à terre et le vieil homme s'avança vers lui.

- Vous voilà enfin ! Si je ne m'abuse vous devez être celui qui est envoyé par une dame, plutôt pas mal faite de sa personne, les cheveux noirs en tresse, des yeux verts comme des émeraudes et portant une armure qui ne gâche en rien ses formes ? C'est bien ça ?
- Certes, la déesse Nélianne m'est apparue et m'a envoyé ici pour accomplir une quête. Est ce vous que je dois rencontrer ?
- Oui ! Cette brave déesse m'a demandé un service, et vu qu'il s'agira un problème temporel je n'ai pas pu refuser. Bon, je lui ai quand même dit que mon temps était quasiment écoulé et qu'un bond dans le temps est épuisant et à mon âge on n'a plus la même vigueur qu'à 90 ans, mais allez savoir pourquoi, c'est à la veille de ma mort qu'elle m'a demandé ce service au lieu de me le demander quand j'étais en pleine possession de mes moyens, allez comprendre... C'est peut être parce que j'ai déjà un pied dans la tombe qu'elle a pu venir me voir. Enfin, messieurs le temps presse.
- Qui est ce vieil homme, demanda Johan. Ses élucubrations ne me disent rien qui vaille.
- Ah ! Je suis Tempus Seigneur du Temps. Et je dois ouvrir le chemin de l'Exodus avant qu'un fâcheux ne vienne me déranger.


Le vieux mage fit apparaître un sablier dans sa main et s'avança vers Sévilath. Il planta son bâton devant lui puis il posa son autre main sur l'épaule de Sévilath et les grains de sables dans le sablier se mire à tournoyer dans tous les sens.

- Parfait, dit Tempus. Votre temps s'écoule sur plusieurs axes et je devrais pouvoir réussir à ouvrir la Porte du Temps de l'Exodus pour vous mener à bon port.
- Que devrons nous faire là bas ? Demanda Sévilath.
- Je n'en sais trop rien, essayer de trouver les mages du temps serait pas mal. Je ne pourrait pas vous ramener car mon temps est quasiment écoulé et je n'ai pas réussi à entrer en contact avec les mages du temps de cette époque. Si vous êtes prêts, je vais procéder, le temps presse.


Tempus saisit son bâton qu'il leva au ciel et un gigantesque cercle de lumière verte vint entourer l'armée des chevaliers. Puis des aiguilles composées de magie du temps se mirent à tourner à vitesse folle et toute l'énergie temporelle du secteur fut aspirée dans un vortex qui projeta Sévilath et ses compagnons dans une autre époque. Autour du mage, le temps avait repris son cour normal et les gens n'étaient plus figés dans le temps. Tempus se tourna et s'adressa à une ombre dissimulées dans celle projetée par la tour.

- Où en étions nous... Comme vous êtes arrivé avec un peu d'avance, je me suis permis de prendre mon temps en remettant les pendules à l'heure. Surtout qu'il s'agit de ma dernière si j'ai bien compris.

Dans la main du Traquemage une dague couverte de runes apparût et un éclair d'acier étincela.

Autre temps. Devant Sévilath et ses compagnons s'étendait une morne plaine cendreuse sous un ciel couvert de sombres nuages et strié d'éclairs. Les chevaliers furent un moment décontenancés par ces lieux, l'air était lourd et un silence de mort régnait en ces lieux. Grand Duc s'avança vers Sévilath.

- Où somme nous ? Demanda Grand Duc.
- Je n'en sais trop rien, répondit Sévilath, je n'ai jamais traversé une plaine de ce genre.
- Attendez ! S'exclama Johan en pointant du doigt deux montagnes. Ne serais ce pas les soeurs jumelles de l'aube ? Mais si, je les reconnais. Cela veut dire...
- Que nous somme au même endroit mais à une autre époque, poursuivit Grand Duc.
- Et que bien des choses ont changé, continua Sévilath. La tour a disparu, dirigeons nous vers le Château Royal. Soyons sur nos gardes.


Les deux milles cavaliers se mirent en route et les sabots des chevaux soulevèrent un immense nuage de poussière grise. Leur route les conduisit au Lac de la Dame dont la légende voulait qu'il avait engendré l'épée des 5 ancêtres. Mais le lac ne ressemblait en rien à celui qu'ils avaient croisé quelques heures auparavant, ce lac naguère aux eaux argentées entouré de verdure et de plantes foisonnantes n'était plus qu'une immense flaque noire d'où s'élevait des miasmes et une odeur pestilentielle. Les chevaliers gardèrent leurs montures éloignées de ces eaux corrompues et contournèrent prudemment le lac. Mais alors qu'ils avaient parcouru la moitié du chemin qui contournait le lac, les eaux se mirent à bouillonner et une tête reptilienne aussi grosse qu'un cheval émergea , puis une autre, puis une autre jusqu'à ce qu'une dizaine de têtes apparaissent et rapidement un monstre plus grand qu'une grange sortit de l'eau. Johan reconnut une Hydre de l'Equinoxe et prévint ses camarades en hurlant.

- Attention, il faut détruire la sphère noire du poitrail sinon les têtes repoussent sans fin !

Grand Duc qui avait une vue particulièrement perçante hurla à son tour.

- Quelle spère ? Il n'y a que des écailles sur le poitrail !

Avant que Johan ne réponde quoi que ce soit, une demi douzaine d'Hydres de l'Equinoxes jaillirent à leur tour des eaux noires du Lac. Sévilath brandit son marteau et mit les chevaliers en ordre de bataille.

- Chevaliers ! Formez la ligne ! Grand Duc à l'aile droite ! Johan à l'aile gauche ! Je prends le centre ! Armes au clair ! Chargez !!!


Les épées et les pointes de lances des chevaliers étincelèrent et les chevaux s'élancèrent dans un grondement de tonnerre. Les chevaliers des 7 royaumes furent fidèles à leur réputation et combattirent avec courage et habileté les énormes créatures. Ne faisant qu'un avec leur monture, ils parvenaient à éviter les énormes têtes aux mâchoires et aux crocs acérés tout en lardant les bêtes d'innombrables blessures. Mais ces dernières se refermaient à une vitesse incroyable et le combat semblait sans fin. Au bout d'un moment, les eaux du Lac se mirent à nouveau à bouillonner et une dizaine d'Hydres de l'Equinoxe en sortit. La situation devenait critique pour les chevaliers d'autant que les Hydres n'étaient plus seules. Sur la tête de la plus grande était apparue une silhouette sombre encagoulée avec une visière rougeoyante en forme de V. Le traquemage se jeta sur les chevaliers et commença à semer la mort en plongeant sa dague dans les failles des armures, sautant prestement de cheval en cheval. Voyant que ce nouvel assaillant faisait des ravages dans leurs rangs, les protecteurs joignirent leur forces pour l'affronter pieds à terre. Mais ni la faux de Grand Duc, ni l'épée sacrée de Johan, ni le marteau sanctifié de Sévilath n'arrivaient à toucher le traquemage qui virevoltait entre eux. Cependant, les efforts combinés des protecteurs semblaient porter leur fruits car le traquemage continuellement harcelé ne semblait pas en mesure de sortir d'une position défensive et n'arrivait pas à placer les contres redoutables qui avaient glacé d'effroi des combattants tout aussi vaillant en d'autres temps et lieux.

Alors que la bataille devenait de plus en plus chaotique et qu'aucun des protagonistes ne semblait pouvoir l'emporter, le ciel au dessus de la mêlée devint flou un instant et un navire volant de la classe corvette des airs sortit de son camouflage d'invisibilité, ses canons pointés vers le sol. Trois silhouettes sautèrent du pont du navire. Une atterrit sur le dos d'une hydres tandis que les deux autres atterrirent à côté du traquemage. Les chevaliers virent sur le dos d'une hydre un vieil homme aux cheveux courts et à la barbe blanche, au visage buriné par le soleil et couturé de cicatrices portant de simples vêtements gris recouvert par une espèce de robe de bure marron brandir une lance et la planter entre les omoplates de la bête en hurlant.

- Dans le dos ! La sphère vitale se trouve dans le dos ! Sous les écailles !


Effectivement, la bête fut prise de soubresauts et s'effondra avant de se désagréger en une masse noirâtre. Galvanisés, les chevaliers s'organisèrent et commencèrent à abattre les bêtes les unes après les autres, bien aidés en cela par le navire volant qui faisait pleuvoir sur les hydres un déluge d'obus en faisant feu de toutes pièces.

De leur côté, les protecteurs virent se joindre à eux un très jeune homme à peine adolescent au cheveux noirs ramenés en chignon xiarite, vêtu d'un kimono traditionnel des combattants de l'empire de xia et armé d'un katana ainsi qu'une jeune femme au teint pâle aux longs cheveux noirs flottant au vent portant une tenue et une cape aussi sombre que la nuit et qui était armée d'une épée longue à double tranchant teinte en noir. Les deux combattants entèrent dans la danse et harmonisèrent leurs pas avec ceux des protecteurs. Le traquemage commençait à être acculé et se prépara à fuir en attrapant une sphère de verre qu'il lança au sol. Attendant ce moment la jeune femme hurla.

- Gaky ! Maintenant !

La sphère lancée par le traquemage n'explosa pas au sol comme il avait prévu mais sembla être aspirée par une ombre qui était reliée à la cape de la jeune femme. Le jeune homme dégaina un wakisashi et lança une attaque qui traça dans le ciel sept traits d'acier. Le traquemage bondit en arrière évitant de se faire découper en rondelles. Mais l'attaque coordonnée avait parfaitement fonctionné car en évitant ce coup il fut immobilisé par Johan qui lui cloua son pied au sol avec son épée et fut fauché par la faux de Grand Duc qui le coupa en deux au niveau de l'estomac et avant même que le corps ne retombe au sol, Sévilath abattit son marteau qui lui écrabouilla le crâne. Après avoir vaincu ce si redoutable adversaire, les protecteurs se lancèrent à nouveau à l'assaut des Hydres. Leur point faible découvert, les Hydres furent rapidement vaincues.

La bataille terminée, les chevaliers déploraient la mort d'une trentaine de leurs camarades et de centaines de blessés. Le navire volant se posa. Sur le pont, on pouvait distinguer un homme de grande taille aux quatre membres mécanistes qui scrutait l'horizon avec une longue vue. Au sol près du cadavre du traquemage se déroulait une scène étrange. Entourée du vieil homme et de l'adolescent, la jeune femme s'était accroupie devant le traquemage et lui avait posé sur la poitrine une petite poupée en porcelaine qu'elle fit tourner trois fois sur elle même. Un claquement de serrure se fit entendre, la jeune femme se releva alors et rangea la poupée dans une besace attachée à sa ceinture puis recouvrit le cadavre du traquemage avec sa cape qui sembla être absorbé par ses replis. Voyant cela, les protecteurs s'avancèrent avec une certaine appréhension vers ces trois personnages. Conscient que leurs pertes auraient pu être plus lourde sans leur intervention Sévilath les interpella.

- Au nom des 7 royaumes je vous remercie pour votre intervention. Je suis le protecteur d'Yses Sévilath, voici le protecteur d'Avalonie Johan et voici le protecteur de Dhun Grand Duc. Aurais l'honneur de connaître vos noms ?
- Je me nomme Läncer, répondit le vieil homme. Voici mes élèves et pupilles Gaky et Ilfana. Nous ne sommes que de simples mercenaires et nous travaillons pour la Cité libre d'Andélérya. La Reine Mère Kiria d'Andélérya nous a envoyé ici pour vous conduire en lieu surs.


A ce moment là, le sol se mit à trembler légèrement et à côté du petit navire volant un gros navire cargo volant venant de se poser apparut.

- Parfait, dit le vieil homme. Si vous le voulez bien, je vous invites vous et vos commandants à me rejoindre à bord du Bebop II, la corvette du capitaine Jhéto Blake tandis que le gros de vos hommes iront dans le vaisseau cargo Exodus.
- Exodus ? Demanda Sévilath. Un rapport avec le mage du temps Tempus ?
- Peut être, de ce que je connais de l'histoire de ce navire, il a été baptisé en mémoire d'un vieil ami qui est mort il y a fort longtemps en ouvrant la porte de l'espoir. Si vous voulez bien me suivre.


Les chevaliers montèrent avec leurs chevaux à bord des deux navires volant qui s'élevèrent dans le ciel. A bord du « Bebop II », le capitaine Jhéto Blake fit porter des bouteilles de rhum afin de briser la glace et de détendre l'atmosphère. Quand les protecteurs demandèrent des informations sur la situation actuelle, le vieux Läncer demanda au capitaine Blake de changer de cap pour aller un peu plus à l'est. Après quelques heures de vol il les invita à rejoindre le pont et de regarder en bas. Ils volaient à haute altitude aussi ils ne virent, au début, ce qu'il leur semblait être une rivière noire. Puis en prenant des longues vues ils virent qu'il s'agissait en fait d'une armée composée de dizaines de milliers de soldats géants en armure lourde. Lorsque Läncer leur expliqua qu'il s'agissait d'une armée de golems, les protecteurs furent abasourdis. Se servant un verre de rhum, le visage las, Läncer leur annonça.

- Il s'agit de la seconde armée du Dieu Sombre qui vient d'écraser à Tantad la résistance de la dernière armée coalisée sur le continent de Guem. Elle va sans doute aller rejoindre les autres armées parties par la Porte Noire. Les cités libres d'Andélérya tiennent encore, mais elles seront perdues lorsque la flotte noire sera de retour de son périple dans le passé. Vous êtes arrivé dans une sombre époque où les nations de Guem se sont faites écrasées par un ennemi invincible. Tous les héros et champions se sont faits massacrés par les Traquemages. Ils n'ont rien à voir avec l'organisation secrète du Conseil des Guildes hormis leur tenue. Il s'agit de la fusion d'un démon majeur, d'un équinoxien et d'un guémélite ou un solarian. Ils ont copié le procédé de fusion de l'ombre inventé par Artrezil et l'ont adapté pour créer ces horreurs. Un grand nombre de ces créatures ont été envoyées dans le passé pour renforcer la maitrise du monde par le Dieu Sombre. Elles ont à mainte reprises affronté les héros du passé à notre époque et savent exactement comment les vaincre. Le monde est d'ores et déjà perdu et l'ère des ténèbres sera sans fin.
- Non. Répondit Sévilath. Cela ne se peut. Nous avons été envoyé par la déesse Nélianne et nous donnerons nos vies pour que ce destin ne soit pas.
- Absolument, s'écria Johan. Point de défaitisme ! Nous vaincrons au nom de la Justice !
- Nous combattrons les ténèbres, dit Grand Duc. Et nous apporteront la Lumière pour redonner espoir aux faibles et aux opprimés.
- De bien belles paroles, répondit Gaky. Mais vous ne savez pas de quoi vous parlez...
- Gaky ! Ca suffit, l'interrompit Ilfana. Tu n'as pas l'âge de parler à la table des guerriers.
- Messire Läncer, si tel est votre nom, demanda Grand Duc, pouvez vous nous dire ce que nous pouvons faire ?
- Il y a bien un plan qui pourrait changer les choses...
- Ce n'est pas un plan, interrompit Blake, c'est du suicide.
- Quel est ce plan ? demanda Sevilath.
- La Porte du temps... Le Dieu Sombre a scellé toutes les Portes du temps de cette époque sauf une qu'il surveille en permanence et d'où il envoie ses armées dans le passé. Dans le passé plusieurs portes du temps reliées à celle ci ont été ouvertes. Si nous pouvions toutes les fermer et empêcher certains événements qui n'auraient jamais du se passer en temps normal, le temps s'arrêtera ici et n'aura jamais existé. Pour cela nous devons envoyer quelqu'un dans le passé avec une certaine clé. Pour cela, nous avons besoin d'une diversion.
- C'est là que nous intervenons, je présume. Dit Grand Duc.
- Tout à fait. Vous êtes des apatrides temporels et vous échappez au Destin. Le Dieu Sombre est incapable de contrôler vos destinées. Si vous l'attaquez il sera obligé de se concentrer sur vous. Comme il est orgueilleux il sera peut être tenté de venir vous écrasez en personne ce qui vous assurera une mort certaine mais cela ouvrira une petite lucarne pour se faufiler jusqu'à la Porte Noire.
- Une mort certaine, très peu de chances de succès, qu'est ce qu'on attend, dit Johan.


Bien plus tard, les navires se posèrent aux pieds d'une montagne et tout le monde débarqua pour se rendre dans une petite forteresse troglodyte. Les hommes des 7 royaumes y prirent leur quartiers.
Alors qu'il visitait les lieux, Grand Duc arriva dans une salle d'arme où Läncer et Gaky étaient agenouillés l'un en face de l'autre portant chacun un kimono. Sur le coté, Ilfana était également agenouillée et portait un kimono par dessus sa tenue sombre.

- Maître, n'ai je pas prouvé aujourd'hui que j'ai atteins mon âge d'homme ? N'est il pas temps que je passe mon Genpuku et que je porte mon nom d'homme et non plus le surnom de mon vénéré grand père mort héroïquement à la bataille du Nord ?
- Il est temps pour toi d'honorer aujourd'hui les mânes de tes ancêtres. Tu as fait preuve d'un grand courage mais il te faudra en chaque circonstance garder une parfaite maîtrise de tes actes et de tes gestes. Aujourd'hui tu vas prouver que tu as atteins cette maîtrise en affrontant en duel ta sempaï.

Le mentor et ses élèves se levèrent. Les élèves se firent alors face tenant chacun d'eux leur arme au fourreau. Läncer leur demanda d'attendre et se dirigea vers un large coffre d'où il sortit deux épées emmaillotées de tissus qu'il libéra. La première était une épée à double tranchant de facture xiarite dont la lame avait des reflets d'ébène. La seconde était également une épée à double tranchant de couleur émeraude de facture avalonienne. Läncer tendit la première lame à Gaky et la seconde à Ilfana, puis après avoir eut un léger sourire, il donna le signal du début du combat. Contrairement à ses habitudes, Gaky ne se jeta pas sur son adversaire qui lui avait maintes fois fait mordre la poussière. Il affermit la prise sur le manche de sa lame et observa. Il était calme comme l'eau d'un lac, solide comme un roc, léger comme l'air et en lui brulait un feu inextinguible. En prenant cette lame chargée d'histoire il se sentait en harmonie avec tout ce qui l'entourait. C'est alors que son adversaire lança une attaque. Il évita prestement le coup d'estoc et en un mouvement coulant il enroula sa lame sur celle de son adversaire puis releva son bras vers le ciel. La lame verte fit une longue parabole avant de se planter au sol. Le vainqueur s'inclina vers son adversaire qui s'inclina à son tour. Le jeune femme ramassa l'épée plantée au sol et la tendit au vieil homme qui la tint devant lui pointe au sol. Puis le jeune homme annonça devant son maître.

- Aujourd'hui, je vais porter mon nom d'adulte. Je porterais le nom de Hiro en mémoire de mon père le champion impérial Iro mort au champ d'honneur.


A ce moment, Johan arriva au niveau de Grand Duc. Lorsqu'il vit l'épée des 5 ancêtres entre les mains d'un quasi inconnu son sang ne fit qu'un tour et mit sa main au fourreau prêt à punir ce crime lèse majesté. Grand Duc le retint main sur l'épaule et lui chuchota.

- Chevalier Protecteur, ne reconnais tu point ton Roi ?

Interloqué, Johan examina attentivement le visage tanné par le soleil et couvert de cicatrices du vieil homme. Puis il s'avança dans la salle et s'agenouilla devant le vieil homme.

- Moi Roi. Comment... Comment est possible ?
- Une bien longue quête, mon ami, une bien longue quête qui je l'espère se terminera bientôt.

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Message Publié : 03 Avril 2014, 17:55 
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8/ Pour l'Honneur
« Le devoir est plus lourd qu'une montagne, la mort plus légère qu'une plume »
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Le seigneur Gakyusha contemplait le jardin et les cerisiers en fleur tout en buvant une tasse de saké. Ce jardin était celui sa résidence d'hivers située à quelques distances de la capitale et avait été épargnée des ravages de la guerre. Mais cette année, le saké du printemps avait mauvais goût, la floraison annonçait la fin de la trêve hivernale ainsi que le dégel des routes menant au Nord, ce qui signifiait que le seigneur impérial allait devoir se mettre en route pour aller soumettre la sédition par les armes si les diplomates échouaient. Gakyusha avait espéré que le général Lu Xo Wan cesse cette folie car la famille de ce dernier avait longtemps servi avec honneur et loyauté celle du seigneur impérial. Mais l'unité de l'Empire était primordiale et c'était à lui en personne qu'il revenait de résoudre cette affaire. Un serviteur s'avança avec déférence et il lui annonça que sa fille Dame Ayako était arrivée accompagnée du moine Tsoutai Xianren et que son fils le Champion Impérial Iro attendait devant la salle de cérémonie en compagnie de du chasseur de démons Kyoshiro, du corbeau Oogoe Kage et du traqueur Tsuro. Gakyusha se leva et rejoignit la salle de cérémonie.

La salle de cérémonie comportait un autel dédié aux mannes et au cultes des ancêtres et la bannière de la famille du seigneur impérial était déployée sur le mur derrière l'autel. L'armure ancestrale et les armes familiales se trouvaient également dans cette pièce, la plus sacrée de toute la demeure. Gakyusha après s'être incliné devant l'autel s'installa à la place du chef de famille et fit entrer les autres personnages selon le protocole. Une fois tout le monde à sa place, Kimiko entra tenant un nécessaire à thé. Iro avait insisté pour que ce soit cette jeune femme qui procède à cette cérémonie du thé et le seigneur Gakyusha avait remarqué qu'on voyait souvent le champion impérial en compagnie de cette galante compagnie. A son retour il faudrait qu'il demande à Iro si il y avait quelque chose entre elle et lui et d'y mettre un terme le cas échéant. Et dans tous les cas, il était sans doute temps de trouver une épouse digne de son champion impérial de fils.

La cérémonie du thé terminée, le seigneur Gakyusha posa sa tasse devant lui et s'apprêta à prendre la parole lorsqu'il vit la tasse se fendre. Mauvais présage. Mais qu'importait, la guerre n'était jamais de bon augure. Après avoir marqué un temps de silence, le seigneur Gakyusha annonça que l'étoile de sa famille brillait à coté ce celle de l'Empereur et veillait sur l'Empire depuis des générations et qu'à ce titre, suivant l'édit impérial, il partait dès aujourd'hui dans le Nord avec une armée impériale de 6000 hommes afin de rétablir l'autorité impériale dans ces territoires glacés. Il avait pour ordre de tenter de raisonner le général sécessionniste Lu Xo Wan par la voie diplomatique et d'anéantir la rébellion par la force si la voie diplomatique échouait. Xianren était natif du même village que Lu Xo Wan et avait reçu l'ordre de Toran d'accompagner le seigneur impérial et de l'aider dans les négociations. Oogoe Kage avait également reçu l'ordre d'apporter son aide dans le domaine diplomatique. Kyoshiro et son jeune fils Kasai accompagneraient le seigneur Gakyusha pour lui apporter une assistance magique en cas de besoin. Le vétéran de la kotoba Tsuro serait également du voyage. Gakyusha ignorait la teneur exacte des ordres du vieux traqueur mais il préférait rester dans l'ignorance car bien que cela ne soit pas honorable, il savait que l'Empire ne pouvait pas se permettre un autre conflit après la perte de Méragi et qu'en l'absence d'une personne charismatique pour échauffer les esprits, les gens déposeraient les armes rapidement et retourneraient aux champs.

Après avoir terminé la lecture de l'édit impérial, le seigneur Gakyusha annonça qu'il confiait la direction de la famille à son fils Iro qui serait aidé par sa soeur Ayako afin de permettre au champion impérial d'accomplir ses obligations envers l'Empereur. Une fois cette annonce faite, il se prosterna devant l'autel des ancêtres imité en cela par toute l'assistance puis se leva et se tint devant l'armure ancestrale. Son fils et sa fille vinrent à ses côtés et le vêtirent cérémonieusement de l'armure et des armes ancestrales. Paré pour la guerre, le seigneur Gakyusha sortit avec les autres membres de l'expédition vers la place d'arme où attendait l'armée impériale. Lorsque Gakyusha passa l'armée en revue, il vit qu'elle était composée de vétérans et de soldats très jeunes pour qui ce serait le premier engagement. Il espérait que cela ne serait pas leur dernier. Il monta sur son grand destrier à robe noire et ordonna à la troupe de se mettre en route.

Le voyage jusqu'aux terres du Nord se fit sans difficultés, le printemps était bien là et les routes étaient dégagées. Les éclaireurs de l'armée impériale rapportèrent au seigneur Gakyusha que Lu Xo Wan s'était retranché dans la citadelle du Nord, Yuki Shiro, avec plus de 2000 partisans. Cette forteresse était adossée à un éperon rocheux et n'offrait qu'un seul axe d'attaque qu'une haute et épaisse muraille d'enceinte défendait. Au dessus des murs blancs de la citadelle flottait l'étendard rouge du lion du Nord. Alors que le soleil se couchait, Gakyusha observa plus attentivement les défenses de la citadelle et il s'aperçut que les éclaireurs ne s'étaient pas trompés et que les murs de la cité étaient fortement garnis d'hommes en arme. Il avait certes un net avantage numérique, mais il savait qu'en cas d'assaut les pertes seraient terribles. Mais en général expérimenté, il déploya son armée de façon à ce qu'elle remplisse la ligne d'horizon puis il ordonna à ses hommes de pousser leur cri de guerre. Le ciel se mit à vibrer sous la clameur des milliers de voix qui résonna dans la vallée encaissée. Gakyusha ayant montré son avantage numérique écrasant, il s'avança avec un petit groupe vers le forteresse sous la protection de la bannière des pourparlers et laissa son armée derrière lui.

Ainsi, le seigneur Gakyusha chevaucha en compagnie de Xianren et d'Oogoe Kage. Tsuro, Kyoshiro et Kasai resteraient en arrière avec l'armée. Arrivé au pieds des murailles de la forteresse, Gakyusha annonça d'une voix puissante :

- Je suis le seigneur impérial Gakyusha serviteur de l'Empire ! Au nom de l'Empereur j'offre l'amnistie à ceux qui déposeront les armes ! Cessez cette rébellion et vous serez pardonnés ! Dans le cas contraire, je serais dans l'obligation de vous exterminer ! Général Lu Xo Wan ! Cessez cette folie et revenez dans le giron céleste !

C'est alors que s'avança sur la muraille un homme portant une armure rouge et un casque sculpté en forme de tête de lion, il répondit à Gakyusha :

- Je suis le Roi du Nord Lu Xo Wan ! Vos menaces ne m'impressionnent guère ! Cette forteresse n'est jamais tombée et ne tombera jamais ! Et il est hors de question de rejoindre cet Empire fantoche !
- Seigneur Lu Xo Wan, votre famille a longtemps servi la mienne dans le respect et l'honneur, au nom de cette vieille amitié qui nous lie, ne pouvez vous pas discuter avec moi en terrain neutre des moyens d'éviter une bataille qui fera couler beaucoup de sang alors que le pays a déjà beaucoup souffert de la guerre ?
- En terrain neutre ? C'est à dire en dehors de la protection des murailles, hors de question ! J'ai confiance en vous, seigneur Gakyusha mais pas dans les séides qui vous accompagnent.
- En ce cas, si vous préférez, j'accepte de venir discuter avec vous à l'intérieur de vos murailles.
- Mauvaise idée... chuchota Oogoe Kage.
- Et bien soit ! Seigneur Gakyusha je vous invite à venir discuter avec moi de paix et de guerre, nous partagerons le thé et le saké en frères et demain nous nous entretuerons joyeusement. Vous pouvez rentrer mais cette vile volaille noire reste dehors.


Gakyusha fit signe à Oogoe Kage de rester en arrière et s'avança en compagnie de Xianren vers les lourdes portes de bronzes qui s'ouvrirent en grinçant. Les deux hommes firent avancer leur chevaux dans la cour intérieure et mirent pieds à terre alors que les portes se refermaient. Sur le haut des murailles ils virent Lu Xo Wan se diriger vers le bâtiment principal et un jeune garçon en kimono rouge courir vers lui. Un soldat s'inclina devant eux et leur demanda de le suivre jusqu'à la salle où le Roi Lu Xo Wan allait les recevoir. En traversant la cour, Gakyusha vit qu'il y avait bien environ 2000 hommes en armes, mais qu'il y avait plus du double en femmes et en enfants. Voyant cela, il pria les kamis pour qu'une issue pacifique soit trouvée. Le soldat les mena jusque dans l'enceinte intérieure où ils traversèrent un grand escalier qui les mena à la salle de réception. C'était une grande salle carré recouverte par un grand tatami qui ne laissait qu'un petit passage sur ses côtés. Le tatami était entouré de nombreux hommes en armes. Au centre se trouvait deux hommes, l'un d'eux était le général Lu Xo Wan portant son armure écarlate, à ses côtés se trouvait un jeune homme aux cheveux mi longs portant un kimono rouge, de petite, taille et au traits fins on aurait pu le prendre pour un enfant, mais la profondeur et l'intensité de son regard démentait cette apparence. Lu Xo Wan invita Gakyusha et Xianren à s'avancer et désigna quatre coussins sur lesquels ils s'agenouillèrent face à face. Lu Xo Wan attrapa ses armes et le posa devant lui en signe de paix, Gakyusha fit de même. Un lourd silence pesait dans cette pièce, chacun savait qu'une parole prononcée au mauvais moment était susceptible de clore les négociations et l'espoir d'une issue pacifique ne tenait qu'à un fil.

Remarquant un ruban blanc autour du bras du général, Gakyusha rompit le silence.

- Général Lu Xo Wan, vous portez le deuil ?
- Évidemment, je porte le deuil de l'Empereur.
- Comment osez vous proférer un tel blasphème ! Gronda Gakyusha, l'Empereur étant en vie de telles paroles ne sont que trahison !
- Faux ! L'Empereur est mort. Notre Empereur a été tué par des hordes de morts vivants impies et sa dépouille a été dévorée par des démons ! Ces vermines de Corbeaux ont remplacé l'Empereur par un Kagemusha, un vil imposteur à la solde de ce chien de Daijin qui a ouvert les portes de Méragi aux démons !
- Vous êtes mal informé, répondit Gakyusha d'un ton radouci. Je n'ai jamais quitté l'Empereur lors de l'attaque de Méragi et si j'avais failli à mon devoir je ne serais pas ici devant vous car j'aurais fait seppuku.
- Il ment mon seigneur, répondit le jeune homme. Lui aussi a été corrompu par les corbeaux. N'était il pas accompagné par un de ces maudits corbeaux de tempête ? N'est il pas celui qui a laissé brûler la capitale en abandonnant l'Empereur à une fin indigne ? Il ne mérite pas le moindre des égards que vous lui offrez car il n'est que duplicité et mensonges.


Réussissant à garder son calme et à ne pas saisir son katana pour décapiter promptement celui qui venait de l'insulter, Gakyusha resta focalisé sur Lu Xo Wan.

- Qui est ce misérable qui ose proférer de telles insultes ? Demanda Gakyusha.
- Il s'agit de Mitsuhirato, mon conseiller. Et bien que ses paroles soient rudes, ne reflètent elles pas la vérité ? Méragi n'a t elle pas brûlée ? L'Empereur n'a t il pas suivi le même destin que sa ville ? J'ai de nombreux témoins qui ont fui la capitale en ruines qui affirment que l'Empereur a été remplacé par le Corbeau. Qu'avez vous à répondre à cela, seigneur Gakyusha ?
- Que des bribes de vérités font les meilleurs mensonges. Si vous voulez bien m'écouter, je vais vous raconter ce qu'il s'est réellement passé à Méragi.


Le seigneur Gakyusha raconta alors la bataille de Méragi, l'invasion des morts vivants et comment le Corbeau avait trompé l'ennemi sauvant la population de la capitale ainsi que l'Empereur.

- Maintenant, si vous doutez encore, regardez cet édit impérial signé de la main de l'Empereur. Vous avez géré une province au nom de l'Empereur et vous connaissez son sceau et sa signature. Regardez.

Il tendit l'édit à Lu Xo Wan qui le lut attentivement avec son conseiller lisant par dessus son épaule.

- Un très beau conte pour enfant et une bien belle imitation, intervint Mitsuhirato. Nous savons tous ici que les Corbeaux sont des maîtres dans la falsification et la tromperie. Les écrits mentent, pas les hommes d'honneur. Vous avez, monseigneur, la parole de témoins dignes de foi qui contredisent ce bout de papier.
- Qui croire... S'interrogea Lu Xo Wan. Xianren, tu es un moine Tsoutai du Temple de Yafujima, tu es incapable de mentir et ta formation te permets de voir à travers les voiles et les mensonges. As tu vu l'Empereur en vie récemment ?
- Je n'ai jamais eu l'honneur de rencontrer l'Empereur répondit Xianren.
- Que disent les kamis sur la mort de l'Empereur ?
- Les kamis sont très agités en cette période troublée et il n'est pas aisé de comprendre ce qu'ils veulent nous dire, mais je vais faire au mieux en les interrogeant devant vous.
- Roi Lu Xo Wan, si vous me permettez... commença Mitsuhirato
- Non. Je ne permets pas. Xianren est un Tsoutai en qui j'ai entièrement confiance. Sa fonction lui interdit de prendre parti dans les conflits des mortels. Il saura me dire si les kamis pleurent la mort de l'Empereur ou non.


Xianren sortit de son sac une vasque qu'il remplit d'eau ainsi que trois bougies qu'il alluma. Il versa un peu de terre au sol et fit tourner un moulin à prière en récitant un soutra. L'eau de la vasque se mit à tourbillonner en fumant, les flammes des bougies s'élevèrent jusqu'au plafond, le sol se mit à trembler et le moulin à prière se mit à tourner à une vitesse folle. Xianren resta concentré un long moment puis il cessa de réciter son soutra. L'eau s'était évaporée, les bougies s'étaient éteinte, la terre s'était écoulée entre les interstices du tatami et le moulin a prière était immobile. Xianren ralluma les bougies et il dit :

- Les kamis sont agités et leurs propos ne sont pas clairs. Je suis incapable de vous répondre.

A la fois Gakyusha et Lu Xo Wan furent déçus tandis que Mitsuhirato eut un petit sourire et s'apprêta à prendre la parole.

- Par contre, cet individu n'est pas ce qu'il prétend être, dit Xianren en désignant Mitsuhirato.

Xianren sortit un parchemin recouvert de symboles Tsoutai et le lança vers le jeune homme. Le parchemin se colla sur son front et il fut comme figé.

- C'est un démon. Il avait réussi à me dissimuler sa présence jusqu'à ce que l'eau de vérité me révèle sa vrai nature. Ne vous inquiétez pas, ce parchemin devrait l'immobiliser plusieurs heures et j'ai d'autres parchemins pour le faire parler.


Avant que quiconque ne réagisse, le parchemin s'enflamma et tomba en cendres, le jeune homme sourit à l'assistance.

- Comme c'est dommage, moi qui comptais encore jouer avec mes marionnettes humaines, me voici découvert par un moinillon. Enfin je vais...

Avant que Mitsuhirato ne termine sa phrase, un éclair d'acier étincela et sa tête roula au sol. Lu Xo Wan d'un seul mouvement avait saisi son katana et avait décapité le jeune homme en se relevant. Lu Xo Wan se retourna vers Gakyusha qui s'était également relevé et lui dit :

- Seigneur Gakyusha, il est clair que...
- Attention ! Derrière vous ! lui cria Gakyusha.


Lu Xo Wan se retourna et vit que le corps de Mitsuhirato était toujours debout. Du coin de l'oeil il vit quelque chose arriver vers lui et bondit sur le côté. Mais il ne fut pas assez prompt et sentit une douleur fulgurante lui parcourir son bras droit. Lorsqu'il baissa les yeux vers son bras, il vit la tête de Mitsuhirato en train de lui broyer son bras avec une bouche et des dents démesurées. Il vit également qu'il y avait un filament qui liait la tête au reste du corps. Puis il vit avec horreur d'autres têtes sortir du corps de son conseiller formant une créature abominable. Une aura sombre l'entourait et ses différents yeux brillaient d'un éclat malfaisant. Peu à peu Lu Xo Wan sentait un froid l'envahir par la morsure et qu'il perdait le contrôle de son bras. Il saisit alors son wakizashi de sa main gauche et trancha son bras droit sous l'aisselle. Il vit alors la tête qui tenait son bras entre ses dents repartir en arrière et rejoindre le reste du corps du monstre. Serrant les dents il affermit sa prise sur son wakizashi et donna l'ordre à ses hommes d'attaquer alors que Gakyusha et Xianren venaient de se poster à ses côtés. C'est alors que chaque bouche de la créature se mirent à cracher des filaments qui furent lancés à la vitesse d'un carreau d'arbalète. Les hommes de Lu Xo Wan furent transpercés de part en part par cette attaque foudroyante et s'écroulèrent au sol. Seuls Gakyusha Xianren et Lu Xo Wan avaient été épargnés car le Tsoutai avait fait appel à la protection de son Cherchefaille Tanuki qui avait déployé devant eux un Kekkai protecteur.
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- Allons, allons, messieurs, dit la créature. Vous en oubliez vos manières. Il est de tradition de laisser à son ennemi le temps de se présenter. Si même vous les chantres de l'honneur et de la tradition ne respectez plus les usages, où va t on ?
- Sale monstre, répondit Lu Xo Wan. Un démon n'est pas un ennemi honorable et n'a pas à se présenter.
- Oh vraiment ?
- Attendez. Intervint Gakyusha en donnant un léger coup de coude à Lu Xo Wan. Moi je suis curieux de savoir à qui j'ai à faire.


Lu Xo Wan vit que Xianren s'était placé à son côté et qu'il venait de placer sur sa blessure un parchemin Tsoutai. Il savait d'expérience que la magie Tsoutai dans le domaine de la guérison prenait du temps et il comprit que Gakyusha cherchait à en gagner.

- Seigneur impérial Gakyusha, dit la créature, je suis honoré de vous voir face à moi. J'ai un très vieux compte à régler avec votre famille vous savez. Une dette vieille de mille ans. Tu connais sans doute ton histoire Gaky-chan, tu sais ce qu'il y a enfermé sous le rocher sacré sur lequel tu venais t'entrainer pour te prouver ton courage en dépit de l'interdiction de tes parents.
- Ashuraô... murmura Gakyusha.
- Oui Gaky-chan, c'est bien moi, dit il en souriant de toutes ses bouches.
- Le démon informe, l'abomination, l'indicible cauchemar, la mort rampante...
- Allons, allons, c'est trop de flatteries. Mais oui, c'est bien moi. Ravi qu'on se souvienne encore de moi. Bon, le général ayant terminé d'avoir des fuites, nous allons reprendre. Vous ne m'en voudrez pas, mais j'ai profité de cette petite interruption pour prendre moi aussi quelques dispositions.


C'est alors que les flammes des bougies allumées par Xianren se mirent à s'élever dans les airs et ils virent la silhouette de Kyoshiro se former dans les flammes.

- Gakyusha-sama ! Cria Kyoshiro. Nous sommes attaqués sur l'arrière par une armée de démons ! Une énorme bouche démoniaque a craché des légions entières ! Nous allons être débordés. Il nous faut...

Un courant d'air glacial parcourut la salle et les flammes des bougies furent soufflées.

- Quelle coordination démoniaque, n'est pas ? Dit Ashuarô. Votre pitoyable armée va se faire massacrer par les légions amenées par le Dévoreur devant les portes de cette citadelle. Ecrasée entre le marteau et l'enclume n'est pas là le fruit d'une stratégie supérieure ? Et non, général benêt, vous n'allez nulle part. Comme si j'allais vous laisser aller ordonner à vos hommes d'ouvrir les portes à l'armée de Gaky-chan. Non maintenant, il est temps de mourir. Dans l'honneur et tout le tralala, à moins que ce ne soit sale, sanguinolent et dégoutant, des préférences ?

Soudain, les soldats de Lu Xo Wan se relevèrent comme des marionnettes dont on vient de tirer les fils vers le haut et se jetèrent sur les trois héros. Rapidement, Gakyusha et ses compagnons furent encerclés, la tournure des événements n'était pas en leur faveur, Lu Xo Wan était blessé et avait perdu son bras d'arme, ils étaient en infériorité numérique et ils ne connaissaient pas les pouvoirs d'Ashuraô. Mais les trois hommes étaient expérimentés et ne manquaient pas de courage, même lorsque la situation était désespérée. Gakyusha s'élança et à la vitesse de l'éclair passa au travers d'une dizaine d'homme qui restèrent un moment comme figé avant de s'écrouler, les filaments qui les reliaient à Ashuraô coupés nets. Xianren de son côté fusionna avec son Cherchefaille Tanuki et lança deux boules de Ki concentré, l'une sur Ashuraô qui le repoussa au fond de la salle et l'autre sur les hommes que le monstre contrôlait afin d'ouvrir un passage vers la sortie dans lequel Lu Xo Wan s'engouffra. Avant qu'Ashuraô ne se ressaisisse et ne barre à nouveau la sortie, Xianren se sépara de son Cherchefaille qui s'envola dans les airs pour former un kekkai d'enfermement dans lequel furent pris Ashuraô, Gakyusha et Xianren.

- Bravo moinillon, dit Ashuraô, mais en poussant un peu, je suis sur que ta barrière ne tiendra pas bien longtemps.

Ashuraô tendit un bras vers la barrière qui commença à se déformer sous la pression. Xianren fit alors apparaître des chaines qui s'accrochèrent aux quatre coins du Kekkai, il se mit à tirer dessus de toutes ses forces et la barrière repoussa Ashuraô.

- Pauvres inconscients, vous ne faites que retarder l'inéluctable. Ton armée Gaky-chan sera écrasée dans la forteresse ou à ses portes, cela ne changera rien. Vous deux, vous allez mourir et les Ténèbres recouvriront le monde.

Les bouches d'Ashuraô crachèrent une nuée de filaments qui se dirigèrent vers Xianren. Gakyusha s'interposa et prit l'attaque de plein fouet. Le seigneur impérial tomba à genoux, crachant du sang, l'armure percée de toutes parts et réduite en lambeaux.

- Bien, j'ai toujours aimé joué à la poupée, dit Ashuraô d'une voix enjouée. Gaky-chan, te voilà ma marionnette maintenant.
- Jamais.


Gakyusha se releva et de la lumière se mit à jaillir des lambeaux de son armure qui vola en éclats. Le seigneur impérial se tenait debout torse nu, katana en main, sur son dos était apparu un tatouage, celui de la Kotoba qui générait une puissante aura lumineuse. Les filaments d'Ashuraô avaient été réduits en cendres par la lumière qui émanait de Gakyusha. Sous cette lumière, Ashuraô sembla se recroqueviller sur lui même et recula autant qu'il le put uniquement arrêté par le Kekkai.

- Lorsqu'un seigneur impérial meurt, il ne meurt jamais seul. Que ma vie se consume et forme une lame qui abatte mon ennemi !

La lumière entoura la lame du seigneur impérial qui prit son élan et sauta sur Ashuraô katana levé vers le ciel.

Iro se réveilla en sursaut, le corps couvert d'un sueur froide. Il se redressa dans son lit et vit que tout était en ordre, tout était calme dans la demeure. A ses cotés, il contempla un instant la jeune femme endormie blottie tout contre lui. Il se leva sans bruit et sans déranger sa compagne pour aller rejoindre la fenêtre où il contempla le ciel étoilé. A son retour, il faudrait qu'il parle à son père.

Dehors, dans le ciel nocturne, une étoile brilla intensément puis s'éteignit.
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Message Publié : 04 Avril 2014, 17:49 
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Encore mil merci pour cette magnifique histoire Ilfana! Maintenant, il faut que le staff sorte ton personnage dans le jeu!

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Message Publié : 09 Avril 2014, 11:57 
Golem

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"Dans l'espoir que son Roi puisse partager avec elle la bonne nouvelle qui grandissait en son sein"

Ilfana serait elle la fille de l'union d'Aélide et Aez ? :o
très bon job, , petit clin d'oeil ;)

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Message Publié : 14 Avril 2014, 19:54 
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9/ Entre ciel et terre
« Il n'y a pas de forteresses imprenables, il n'y a que des mauvais attaquants. »
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Encore de la paperasse, des piles de rapports, des montagnes de documents à viser, des océans de décrets et de règlements à signer, la dirigeante des Îles Blanches en venait à regretter l'époque où elle n'était qu'une simple capitaine pirate à la recherche d'or et d'aventure. La charge de gouverneur lui pesait particulièrement ces temps ci et elle se prenait souvent à rêvasser sur cette époque pas si lointaine où libre comme le vent elle traçait sa route aux commandes de son vaisseau avec comme seul limite l'horizon. Poussant un soupir à fendre l'âme, Al la Triste s'attaqua à une nouvelle pile de documents, lisant, signant, classant. De son travail dépendait intégralement la prospérité et la puissance commerciale des Îles Blanches, du moins c'est ce que ses conseillers n'arrêtaient pas de lui rappeler. Il faudrait peut être qu'elle accepte que Klémence lui fasse un Golem secrétaire. Mais malgré les dires de la mécaniste, Al était persuadée que l'intelligence des Golems ne serait jamais suffisante pour percer les mystères et les méandres des rapports administratifs. Comment un Golem pourrait faire le tri entre ce qui est important et ce qu'il ne l'est pas ? Entre tous ces rapports commerciaux et cette hausse de la criminalité, c'était à peine si elle avait le temps de suivre les recherches sur la disparition de Watahata. L'affaire du Naufragé terminée Watahata n'était toujours pas reparue et sa disparition était une énigme que même la Pythie à qui Al avait demandé de l'aide n'avait su résoudre.

Enfin, diriger les Îles Blanches n'avait pas que de mauvais côtés, de temps à autre, Al quittait les marbres blancs et les ors du palais du Gouverneur ainsi que son bureau en bois de santal sur lequel s'empilaient les dossiers pour aller faire une tournée d'inspection à bord de l'Arc'Kadia. Il était peut être temps de partir en inspection. Après tout, son navire était à quais et elle avait hâte de voir quelles nouveautés Klémence avait intégré à son vaisseau. Le temps était au beau fixe, et les rapports contrairement à elle n'avaient pas de jambes et seraient bien forcés d'attendre son retour. Et puis il fallait qu'elle organise des manoeuvres de la flotte de guerre. Tantad en organisait bien au sol. Si elle voulait avoir du poids dans les négociations commerciales, il lui fallait montrer les prouesses de sa flotte. Oui, assurément, il était de son devoir de dirigeante des Îles Blanches de prendre la barre de son navire et d'aller prendre l'air, ou plutôt aller faire une démonstration de force dans un but de facilitation des négociations commerciales. Cela ne pourrait que montrer à quel point Al attachait de l'importance au commerce et à l'économie. Convaincue par cette idée, Al fit sonner une clochette et un homme en livrée bleu entra dans son bureau. Il s'agissait de son Grand Chambellan, un ancien membre de son équipage, Ti Mousse, presque méconnaissable dans ses habits de cour et au visage aussi poudré que celui du Marquis. Sans lever la tête de ses papiers, Al s'adressa à son Grand Chambellan :

- Ti'Chamb, faudrait me préparer une tournée d'inspection et organiser les manoeuvres de la flotte.
- Certes, Gouverneur, répondit Ti Mousse. Si je puis me permettre c'est Ty Rel et non Ti'Chamb.
- Ah ouais ? Y a un mois c'était pas Ti Maousse ? Bon, t'es mon Grand Chambellan alors ça sera Ti'Cham, point.
- Comme bous voudrez, répondit Ti Mousse ou plutôt Ti'Chamb la mine déconfite. Pour quand est ce que...


Avant que Ti Mousse ne termine sa phrase une explosion assourdissante retentit, le sol trembla et la grande baie vitrée du bureau du Gouverneur vola en éclat. Se levant d'un bond, Al accourut à la fenêtre et elle vit une grande colonne de fumée noire venir des quais. Le palais du Gouverneur surplombant la ville elle n'eut aucun mal avec sa longue vue pour voir que la fumée provenait du fortin défensif qui abritait les énormes bouches à feu portuaires qui défendaient de secteur de la Cité. Observant attentivement le port, elle vit que deux navires à l'ancre était en feu, il s'agissait de la force d'intervention rapide. Puis des éclats lumineux dans le ciel attirèrent son regard. En scrutant l'horizon et en allongeant sa longue au maximum, elle vit les quatre navires de la flotte défensive qui d'ordinaire patrouillaient autour de la ville, être engagés dans un combat contre une dizaine d'autres navires. Elle vit avec horreur un des lourds navires défensifs s'enflammer et tomber comme une pierre pour aller s'écraser au sol. Il s'agissait du « Belle Etoile » un navire de la classe frégate du ciel qui embarquait près de 500 membres d'équipage et soldats. Regardant à nouveau le Port, Al la Triste vit que son navire amiral, l'Arc'Kadia ne semblait pas avoir subi de dommages. Bousculant Ti Mousse qui l'avait rejointe et qui observait le ciel en plissant les yeux, Al accourut jusqu'à la salle de communications qui jouxtait son bureau. Elle appuya sur un bouton de l'énorme et étrange machine devant laquelle elle hurla :

- Ici l'Amiral ! Message à toute la Flotte ! Nous sommes attaqués ! Rassemblement immédiat de la flotte au point zéro zéro zéro ! Procédure urgence un ! Nous sommes attaqués ! Ce n'est pas un exercice ! Nous sommes attaqués !


Puis Al appuya sur un autre bouton et cria :

- Ici l'Amiral ! L'Arc'Kadia ?! Je vous rejoins dans cinq minutes ! Branle bas le combat ! Tout le monde à son poste ! Je veux que tout le monde soit paré au combat quand j'arrive ! Terminé !


Après avoir donné ses instructions, Al la Triste cria à Ti Mousse de faire sonner les cloches et de déclancher la procédure d'alerte et lui ordonna de s'occuper des civils, puis elle courut et s'installa dans un fourgon centipède, une invention du Mestre Galène qui permettait de se déplacer plus rapidement qu'un cheval au galop et rejoignit les quais en traversant la ville comme une comète. Arrivée aux quais, l'Amiral en monta à bord de son vaisseau dont l'équipage était sur le pied de guerre. Depuis le pont Oeil de Gemme hurlait des ordres qui étaient relayés par Ardranis, au coeur du bâtiment, Klémence et Briscard faisaient chauffer les moteurs, Armada chargeait les canons avec des obus dernière génération surgonflés à l'explosif, Bragan et Mylad se préparaient au combat et rechargeant leurs accus, l'une en se « branchant » sur des générateurs électriques, l'autre en buvant une bouteille de rhum cuvée du Gouverneur. Raveneau, Poukos, Crochet et les golems de Klémence Hic Kar et Ekrou composaient avec une vingtaine de soldats le groupe de combat du navire. L'Arc'Kadia n'attendait que l'Amiral pour partir au combat. Avec ses nouveaux blindages, ses canons derniers cris et ses moteurs gonflés à bloc et perpétuellement chouchouté par Klémence à qui Al accordait tous ses caprices lorsqu'il s'agissait d'améliorer son vaisseau, l'Arc'Kadia alliait rapidité, puissance et résistance ce qui faisait de lui le fleuron de la marine volante des Îles Blanches.

Alors que l'Arc'Kadia s'élançait dans les airs, un des navires de la flotte défensive explosa en l'air, il s'agissait de « L'Etoile du Matin ». En observant la scène avec sa longue vue, Al la Triste vit que le navire avait littéralement été pulvérisé par une salve à bout portant tirée par un immense vaisseau ennemi dont la taille devait faire plus de dix fois celle de « L'Etoile du matin » qui pourtant était l'un des vaisseaux les plus imposant de la flotte. Lançant un juron, Al se tourna vers son second :

- A t on identifié nos assaillants ?
- Non Amiral, leur silhouette ne correspond à aucun navire connu, répondit Oeil de Gemme. Interception dans six minutes !
- Amiral ! Intervint Klémence. Je crois que j'en reconnais un ! Le plus gros avec en figure de prou une immense tête de mort à corne. Il ressemble trait pour trait à « l'Ombre de l'Amor », le projet de navire classe léviathan sur lequel Galinette... heu Mestre Galène travaille.
- Hein ? Mais c'est quoi encore cette histoire ? Où est ce qu'il est d'abord ce Galène !!!


Comme pour répondre à l'Amiral, une lumière blanche jaillit dans le ciel et une trentaine de navires de guerre qui avaient activé le dispositif « à la rescousse » apparurent. Parmi eux se trouvaient la Veuve noire le navire d'Azalis, le Long Jon le nouveau nom du navire de Jon le Flibustier, le Flamboyant le navire que Flamara s'était fait construire et surtout Titan de fer le navire de Mestre Galène. Se servant une nouvelle fois d'un dispositif de communication pirate, Al la Triste contacta le Titan de fer.

- Galène ! C'est quoi ce bordel ! Tu peux me dire pourquoi un de tes navires est en train de démolir la flotte de défense ???
- Hein ? Répondit Galène. Mais de quoi...
- Du vaisseau classe léviathan, bougre de sagouin ! Celui qui en train de laminer nos vaisseaux !
- Mais amiral, c'est pas possible. Un truc pareil ne peut pas voler ! J'ai bien fait des plans, mais je n'ai jamais réussi à résoudre le problème de puissance des moteurs ! La puissance qu'il faut déployer pour un cuirassé classe léviathan est de plus de huit cent terra egon, soit plus du triple du seuil de Spengler ! C'est juste pas possible !
- Klémence ! Traduction !
- Il s'agit de l'équation de Wenkman Amiral, commença à répondre Klémence qui sous le regard noir de l'Amiral enchaina avec :
- Heu... Aucun moteur ne pourrait supporter une telle masse, cela dépasse les lois de la physique.
- Interception dans trois minutes, intervint Oeil de Gemme.
- Bon ! Vous résoudrez ce problème plus tard. On leur botte le cul et on verra après. Ce navire a des points faibles ?
- Heu...
- D'accord... On va faire ce qu'on fait de mieux et improviser alors ! Le Titan de fer et la Veuve avec moi contre le gros tas ! Flam ! Jon ! Vous vous occupez des petits avec le reste de la flotte !


C'est alors que le ciel devint flou et toute une flotte de vaisseau hostiles apparue. Voyant ces nouveaux adversaires Al la Triste prit sa longue vue et scruta le ciel.

- Bon sang il y en a bien une centaine et un... deux... trois gros tas ! Galène ! Mais qu'est ce que t'as foutu !
- Mais rien Amiral ! Les plans n'ont jamais quitté mon navire et il n'y a que Klem à qui je les ais montré !
- Klem ? Demandant Al en se tournant vers la jeune mécaniste.
- C'est juste un petit surnom, y a rien entre nous ! Juste professionnel ! Ah heu... Non j'en ai parlé à personne Amiral ! Juré !
- Amiral la seconde flotte ennemie sera sur nous dans douze minutes, intervint Oeil de Gemme. Interception de la première flotte dans une minute.
- Bon ! On ne change pas le plan ! Onze minutes pour détruire ces maquereaux puis ça devient sportif ! Allez tas de limaces on s'active !


Une minute plus tard les navires pirates arrivaient à portée de tir des navires ennemis. Les navires de petite taille avaient tout de même le gabarit des frégates pirates. Entièrement recouverts de plaques de métal noires, ils semblaient particulièrement solides, mais ce blindage lourd réduisait considérablement leur vitesse et manoeuvrabilité. Le vaisseau classe léviathan était gigantesque, son blindage noir semblait impénétrable et sa puissance de feu était impressionnante. Mais comme les autres navires noirs, ce vaisseau était lent et n'avançait qu'en ligne droite. Se rendant compte rapidement des faiblesses de leurs adversaires Al la Triste fit manoeuvrer son groupe de façon à éviter les lignes de tir ennemi et commença un pilonnage sur le léviathan. Mylad et Bragan joignirent leurs pouvoirs magiques l'une lançant de la foudre, l'autre crachant des flammes et lancèrent une attaque particulièrement puissante sur le vaisseau ennemi. Mais ni la poudre, ni la foudre, ni le feu ne semblaient être en mesure d'entamer la coque noire. Voyant qu'elle n'arriverait à rien de cette manière, Al la Triste changea de tactique et ordonna à Klémence de lancer l'opération « cadeau surprise ». Klémence activa alors une centaine de scarablasts volant qui embarquèrent chacun une grenade fabrication Armada. Klémence avait enregistré le rythme du tir et le temps de rechargement des pièces ennemis. Entre deux salves, elle fit placer les grenades pirates dans les bouches des canons ennemis et quelques instants plus tard : BOOOM. La coque du vaisseau noir s'embrasa et fut recouverte d'une épaisse fumée. La plupart des canons du léviathan avait explosé. Balastar sur le navire de Flamara avait reproduit l'opération sur de nombreux navires ennemis, et en près de six minutes le potentiel offensif ennemi avait été anéanti et plus de la moitié des navires ennemis avaient déjà succombé.

En concentrant les tirs en un seul point, même ce gros navire ne tiendrait pas. Cinq minutes avant l'arrivée des renforts ennemis, c'est jouable pensait Al. C'est alors que les sabords de tous les vaisseaux noirs restant se fermèrent, même ceux des canons intacts.

- Ils veulent gagner du temps ! cria l'Amiral. Concentrez les tirs au niveau des machines !
- C... Capitaine, dit Oeil de Gemme. Re... Regardez à la poupe. Le... le Vortex !
- Quoi le Vortex !


Al la Triste se retourna et n'eut même pas besoin de sa longue vue pour voir. Le tourbillon du Vortex semblait plus calme que d'habitude, mais au dessus du Vortex s'étaient réunis d'immenses nuages noirs chargés de foudre qui semblait tourner en sens inverse du Vortex. Emergeant du Vortex Al la Triste vit quelque chose en sortir. Au début elle n'en crut pas ses yeux tant cette chose était aussi impossible qu'immense. Un château, un château gigantesque construit sur une ile volante était en train d'émerger du Vortex. Une espèce d'immense cathédrale noire aux formes effilées surmontée d'une immense tour au sommet de laquelle se trouvait un cristal géant qui semblait attirer la foudre. Puis le cristal de la tour se mit à briller et l'enfer se déchaina.

Un éclair immense embrasa le ciel et vint frapper la flotte pirate. Plusieurs navires furent pulvérisés en un instant. Le Titan de Fer explosa et fut coupé en deux avant d'aller s'écraser au sol. L'Arc'Kadia fut également touché et le château arrière fut réduit en miette. La Veuve Noire s'enflamma comme une torche et le Long Jon fut percuté par un navire en perdition. En quelques instants la chance des pirates avait tourné. Alors que la flotte pirate était encore abasourdie par la puissance qui avait été déchainée contre elle, le cristal brilla à nouveau. L'éclair embrasa le ciel et vint frapper le palais du gouverneur qui fut réduit à l'état de cratère fumant en un instant. La chance des pirates semblait définitivement avoir tourné. Mais Al la Triste était habituée aux coups du sort et n'allait pas baisser le pavillon sans rien faire.

- Armada ! Hurla Al. Charge les canons A avec des obus gredins et charge les canons B avec des obus forbans ! Mylad ! Mylad ! Quand t'aura fini de ranimer Bragan ! Tu lanceras toute ta foudre à tribord arrière à mon signal ! Bragan si t'es pas mort, quand t'auras fini de peloter les fesses de Mylad tu balancera une boule de feu à mon signal !
- A toute la flotte opération Dernière Chance !


Au signal de l'Amiral, les canons des vaisseaux de la flotte ainsi que les canons défensifs installés dans les ports des îles blanches se mirent à tirer en l'air dans toutes les directions. Les obus explosèrent en plein ciel et libérèrent des paillettes scintillantes et un nuage de poudre grise. Simultanément Mylad et Bragan, la joue portant la marque la main de Mylad pour ce dernier, lancèrent respectivement foudre et feu dans la direction indiquée par Al la Triste. Les paillettes se mirent à scintiller d'une lumière aveuglante et les instruments se mirent à tourner dans tous les sens. La poudre grise s'enflamma partiellement et généra une épaisse fumée noire qui recouvrit entièrement la flotte ainsi que chacune des Îles Blanches.

Al la Triste n'avait jamais eut totalement confiance envers le démon du Vortex, aussi elle avait prévu un plan d'évacuation massif des Îles en cas de coup dur. Elle avait fait construire des arches suffisamment grandes pour accueillir les populations. Construites en bois magiquement allégé pour leur permettre de voler, ces grandes arches étaient particulièrement fragiles, aussi elle avait prévu un système de dissimulation pour protéger leur départ. Malheureusement, toutes les Îles n'avaient pas leurs arches et l'Amiral savait qu'elle devrait abandonner de nombreux habitants derrière eux.

Lorsque l'Arc'Kadia sortit de la purée de poids et recouvra l'usage de ses instruments, Klémence prévint l'Amiral que le dispositif « A la rescousse » devrait fonctionner encore une fois avant de griller. Ils pourraient ainsi rejoindre le point de rendez vous. Regardant l'immense nuage noir qu'ils venaient de quitter et pensant aux gens qui allaient rester à la merci de ses ennemis, Al la Triste frappa le sol du pied de rage et la mort dans l'âme ordonna à Klémence de les envoyer au point de rendez vous.

Au point de rendez vous, la plupart des arches étaient là, Ti Mousse avait réussi à diriger la population de Bramamir en bon ordre vers les vaisseaux d'évacuation malgré la panique. Les Îles éloignées de Bramamir avaient procédé à l'évacuation dans le calme, mais sur d'autres Îles proches de Bramamir qui avaient vu le feu du ciel, les choses s'étaient mal passées avec des arches partant à moitié vides, une arche qui s'était brisée en deux après le décollage à cause d'une surcharge et d'une mauvaise répartition du poids des passagers et une autre qui n'avait pas supporté le voyage instantané et qui s'était littéralement désagrégée à son arrivée. Les pertes étaient lourdes et seule une poignée de vaisseau de la flotte guerre avait réussi à parvenir jusque là. Al espérait que la plupart de ces vaisseaux manquant avait leur dispositif de voyage d'urgence hors service, après tout l'Arc'Kadia avait failli ne pas arriver jusque là. Effectivement, quelques instants plus tard d'autres navires de guerre arrivèrent. Le Long Jon avec la moitié d'un navire encastré dans la coque arriva. La veuve noire encore fumante arriva en dernier escorté par le Flamboyant dont la capitaine s'était occupé de l'incendie. C'était un peu plus des deux tiers de la flotte de guerre qui avait réussi à arriver jusque là. Voyant les dégats sur les vaisseaux, Al bouillait de rage. Mais elle savait qu'elle devait mettre les civils à l'abri avant de songer à une contre attaque. Aussi après avoir attendu les derniers retardataires aussi longtemps que la sécurité de la flotte le permettait, elle mit cap sur Tantad.

Tantad, cette cité runique avait un temple immense construit sur une colline, en cas de danger, les runes de protection de ce temple généraient un dôme protecteur infranchissable, Al savait que si elle arrivait à convaincre les dirigeants de Tantad, sa population serait en sécurité et elle pourrait déployer sa flotte pour aller faire rendre gorge à ces agresseurs. Mais lorsqu'elle arriva en vue de Tantad, elle vit que la guerre avait également frappé la Cité. Une épaisse fumée noire s'élevait dans le ciel. Mais en se rapprochant elle vit que seule la ville basse semblait être touché par un incendie, le reste de la ville semblait intact. Cependant, elle vit au loin quelque chose qui l'inquiéta, dans la plaine des Héros située à deux heures de marche de la Cité elle vit une grande colonne noire avancer. En poussant sa longue vue au maximum, elle vit une armée en train de marcher sur Tantad. A ce moment, elle regretta de ne pas avoir vendu à Tantad un communicateur pirate bien plus efficace que les pigeons traditionnels de Tandad. Elle décida donc de poser sa flotte dans le colisée sans prévenir les autorités.

L'accueil fut à la hauteur de ses espérances avec toute une escouade de la légion runique armée de pied en cap qui vint à leur rencontre. Heureusement, parmi le comité d'accueil se trouvait le Centorium Aurius avec qui Al avait déjà négocié par le passé.

- Amiral ! Dit le Centorium. Que signifie cette invasion ?
- Aurius, je sais pas si t'es au courant mais t'as une armée qui va débarquer chez toi.
- Amiral, si vous parlez des larbins incendiaires, la situation est sous contrôle et la légion va nettoyer ce problème. La seule armée que je vois débarquer, c'est la votre.
- Bon sang, bougre d'aveugle ! Ces larbins ne sont qu'une diversion. T'as une armée de plus de 10 000 gus qui va te tomber dessus ! Monte à bord je vais te montrer ! Et je vais t'expliquer ce qu'on fout là.
- Bien Amiral, j'accepte l'invitation.


Aurius et quelque membres de sa garde montèrent à bord de l'Arc'Kadia et Al la Triste montra au Centorium l'armée en approche après avoir prendre de l'altitude à son vaisseau. D'après les senseurs d'analyse de Klémence, il s'agissait d'une armée de golems. Al expliqua la situation des Îles Blanches au Centorium qui comprit rapidement qu'un conflit majeur était en train de se produire et qu'il fallait mettre de côté les rivalités passées. Rapidement, ils mirent en place un plan d'action, les civils des Îles Blanches iraient se réfugier au Temple du Panthéon, les groupes de combattants pirates habitués au combat de rue iraient remplacer la légion dans l'élimination des larbins de la basse ville, les gros bâtiments de la flotte pirate emmèneraient la légion au combat tandis que la flotte de guerre assurerait la couverture aérienne. Aurius dirigerait les opérations au sol, Oeil de Gemme s'occuperait des commandos pirates et Al la Triste dirigerait la flotte.

Grâce aux transporteurs pirates, le centorium Aurius put rapidement déployer son armée. Face à lui, l'armée adverse avait également pris position en une formation rectangulaire qui occupait toute la largeur de la Plaine des Héros et semblait attendre. Ses adversaires était de grande taille, aussi grands que des minotaures et portaient de lourdes armures, casques, de grands boucliers rectangulaire et de larges épées. Grâce aux transports pirates, Aurius avait pu également amener ses catapultes. Bien que moins efficace qu'un tir de barrage pirate, il préférait se servir de ses propres armes plutot que de trop dépendre des pirates qui par ailleurs auraient sans doute besoin de toutes leurs munitions si la flotte dont l'Amiral lui avait parlé arrivait jusqu'ici.

Les catapultes d'Aurius entrèrent en action et firent s'abattre sur les lignes adverses une pluie de roche et de feu grégeois. Si les projectiles de pierre semblaient faire des dégâts aux golems, le feu semblait inefficace. C'est alors que l'armée des golems se mit en marche, boucliers levés, adoptant une formation en tortue. Le sol se mit à trembler. Aurius fit avancer son armée, ses hoplites lourdement équipés au centre et ses peltastes légers sur les ailes. Les runes de la légion se mirent à étinceler et une aura de lumière dorée entoura les guerriers. Puis au dessus de la légion, l'aura de lumière se concentra en un immense un taureau doré aussi grand qu'un navire. Les premiers rangs des hoplites s'écartèrent laissant passer tout un régiment de minotaures qui avaient activé la puissante rune de Tarvos sous le commandement du seigneur runique Xenophon. Le régiment de minotaure chargea, entouré par l'aura dorée du taureau. Le sol trembla davantage. Rien ne pouvait arrêter une telle charge, même des remparts n'auraient pas résisté à la charge du taureau d'or. C'est alors que les premiers rangs de l'armée des golems s'ouvrirent, laissant passer une ligne de golems équipés d'immenses sarisses pointées vers les minotaures, prêtes à les empaler. Voyant cette menace, mais incapable de stopper la charge, Xenophon activa les runes de protections et se prépara à l'impact. Les sarisses volèrent en éclat tel des fétus de pailles et le golems valdinguèrent comme des quilles. Les runes de protections renforcées par la protection du Temple et du Panthéon avaient permis à la charge du taureau d'or et des minotaures d'enfoncer les lignes des golems sans trop de dégâts. Mais l'armée de golems réagit très rapidement et son centre recula tandis que les ailes tenaient la position. Aurius reconnut la tactique de la mâchoire du loup de Xerxos et fit avancer ses hoplites par le centre les séparant en deux groupes chacun poussant vers l'extérieur pour écarteler la mâchoire. Les runes étincelaient, les golems s'effondraient, la bataille s'engageait bien pour la légion runique.
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La bataille s'engageait bien pour la légion runique. A l'arrière de l'armée des golems, le seigneur Echios observait la bataille. La légion n'était pas un adversaire facile. Il lui avait fallu des années pour vaincre ces guerriers et abattre les murailles de Tantad qui étaient sous la protection du panthéon. Il avait perdu des armées entières avant de vaincre. Mais cette fois ci il ne pouvait pas perdre, les tactiques de son frère si brillantes ne pourraient rien contre ce qu'il avait préparé. Il prouverait qu'il avait bien fait de quitter Tantad plutôt que de rester dans l'ombre de ce frère si brillant, meilleur au combat, meilleur en stratégie, meilleur en politique, meilleur avec les femmes, meilleurs aux yeux de père et de mère. Il montrerait que désormais c'était lui le plus puissant, le meilleur en tout. Il pouvait bien perdre cette armée, une autre était en train d'arriver. Vordak avait sans doute réglé le cas du Conseil, Ashuraô s'occupait de la kotoba, Arbre Mort avait commençait son ouvrage et d'autres agents des Ténèbres s'étaient mis à l'oeuvre. Tout allait se jouer ici, à Tantad. Soudain, Echios se retourna et donna un coup d'épée derrière lui. Il frappa le vide, personne. Qu'elle était cette sensation de menace ? Vordak et Arbre Mort étaient des agents surs. Ashuraô avait un peu trop tendance à jouer avec ses adversaires et leur laissait une chance de s'en sortir, mais sa puissance était telle qu'il ne pouvait pas échouer dans sa mission. Alors quoi ? Echios se concentra et ne trouva aucune raison de douter. Tout allait se jouer ici, à Tantad. Tout était en place. La légion runique était en plein combat, il était temps d'activer le plan. Echios fit sonner du cor dont le son lugubre résonna au delà de la plaine.

Dans le Temple du Panthéon les prêtres et prêtresses runiques avaient accueilli le flot de civils venus des Îles Blanche. Ti Mousse avait la responsabilité de gérer cette foule. Chacun de ces civils venait d'une arche ou d'un vaisseau de transport qui venait d'une Île, il fallait donc constituer la liste des survivants puis la comparer avec la liste de la population située dans les archives du palais du gouverneur. Le palais avait été détruit, mais qu'importait, l'important c'était de faire cette liste. Lui et son équipe administrative avait déjà commencé le recensement de la moitié des navires. Prenant sa liste des arches et des vaisseaux de transport, il voulu s'attaquer au transport L'Olympique. Mais curieusement, il ne trouva personne venant de ce vaisseau. Pourtant ce vaisseau faisait parti des vaisseaux qui s'étaient posés dans le Colisée, les passagers devaient bien être quelque part. Il demanda aux capitaines des vaisseaux voisins et finit par apprendre que le capitaine de L'Olympique avait emmené ses passagers dans une autre salle du temple, sans autorisation et surtout sans avoir rempli de formulaire. Pour Ti Mousse c'était inacceptable. Il partit donc à la recherche des ces passagers sans gène. Suivant diverses indications, il finit par arriver devant une grande salle. S'étant un peu perdu, il s'avança vers la vingtaine de garde qui se trouvait devant une lourde porte en bronze pour demander son chemin. Alors qu'il s'approchait, un son lugubre vint résonner dans le Temple et le sol trembla. Ti Mousse vit alors avec étonnement les gardes s'écrouler au sol. En observant attentivement, il vit dans leur nuque une pointe de métal dépasser. S'apprêtant à donner l'alerte, il vit la porte de bronze voler en éclat et il se jeta au sol pour éviter qu'un des battants ne le réduise en bouillie. Relevant les yeux, Ti Mousse vit un homme très grand et très musclé portant une armure à pointes, une cape rouge et un casque à forme démoniaque. Il tenait dans une de ses mains un trident sur lequel était empalé un prêtre. Le nouvel arrivant jeta le prêtre loin devant lui et frappa le sol de son trident et des fissures noires parcoururent le temple. Un peu partout dans le temple, les runes s'éteignirent et le dôme de protection se disloqua. Une voix sinistre se fit alors entendre dans tous le temple.

- Je suis Xorzar le Profanateur ! Vos dieux ne sont rien ! Vous n'êtes rien ! Prosternez vous devant les Ténèbres ou périssez !

Dans la plaine des Héros, Echios vit le dôme de protection du Temple s'effondrer. La légion venait de perdre la protection du panthéon. Avec un sourire de satisfaction que son casque dissimulait, Echios fit sonner une nouvelle fois du cor. Et dans la basse ville les larbins ayant échappé à la traque d'Oeil de Gemme se rassemblèrent et invoquèrent Fournaise le Démon de la Flamme Dévorante. Echios se mit à rire.

- Maintenant, il est temps qu'ils connaissent le véritable désespoir.
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Mercenaire depuis les débuts de la bêta.
Même pas mal. ^^
GT Niveau 65. Gouverneur.
Itcg Niveau 54 La Princesse des Mercenaires
Championne du Consortium 2013
Merci à Cian pour mon nouvel avatar ^^


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Message Publié : 17 Avril 2014, 18:47 
Eminence
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Inscription : 06 Février 2013, 23:05
Message(s) : 1144
Tu est entrain de nous créer une sacré situation là!!! Vivement la suite!!!!

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